Le ‘’bitcoin’’, une monnaie révolutionnaire à l’ère du numérique

Le ‘’bitcoin’’, une monnaie révolutionnaire à l’ère du numérique

29 juin 2020 0 Par Grandjournalcd.net

Avez-vous déjà été confrontés aux difficultés pour l’obtention d’un crédit à la banque pour réaliser votre projet ?
Savez-vous qu’à l’ère du numérique vous pouvez vous passer du gouvernement ou de la banque pour réaliser certaines transactions financières à grande échelle ?

Dans ce billet, je vais essayer de vous expliquer la proposition de valeur du ‘’BITCOIN’’ pour vous aider à comprendre les problèmes qu’il tente de résoudre à la lumière de la crise actuelle et à vous faire un avis éclairé sur le sujet.


Vous allez voir que ce n’est pas le genre d’informations que vous allez trouver dans la plupart des journaux populaires, mais qui ont des implications majeures pour vous, pour votre argent et aussi pour l’environnement, vos libertés et la vie que prendra notre société dans les années à venir.


Dans cet épisode, je vais m’intéresser au ‘’pourquoi’’ du ‘’BITCOIN’’ et très peu au ‘’comment’’. Si vous voulez que je vous fasse un épisode axé spécifiquement sur le fonctionnement de la technologie du ‘’BITCOIN’’ avec ses forces et ses faiblesses, dites-le-moi dans les commentaires.


Gardez juste en tête que je ne donne pas des conseils financiers, je vous apporte juste des informations pour que vous puissiez vous faire votre propre avis sur cette monnaie virtuelle qui change la vie de beaucoup de personnes dans le monde.

Continuez à approfondir vos recherches et n’investissez aucun sou que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre.


Le ‘’BITCOIN’’ a été créé en 2008 au moment même où se déroulait la crise de la dette et où le trésor américain avait injecté des milliards de dollars sur le marché financier pour sauver des banques en faillite et éviter l’effondrement du système financier.
Cette monnaie virtuelle a été créée par un anonyme qui portait le pseudonyme de SATOSHI NAKAMOTO et s’est initialement développée dans le cercle des guides dont l’objectif principal était de trouver des solutions pour préserver l’anonymat et les libertés individuelles dans un monde où l’informatique donnait aux Etats des outils de plus en plus sophistiqués pour surveiller leurs populations, notamment grâce à leurs transactions financières à une époque où le ‘’Cash’’ semble voué à disparaître et où toutes les transactions financières se retrouvent vouées à passer par un tiers de confiance en ligne et les banques dont la fragilité ne faisait aucun doute.

Même si le ‘’BITCOIN’’ est une invention de l’ère du numérique, les problèmes qu’il vise à résoudre sont aussi vieux que le monde.
Pour comprendre le ‘’BITCOIN’’, il faut comprendre d’abord la monnaie et le rôle qu’elle doit remplir pour faire fonctionner une société.


Quand on cherche à changer de la valeur, le moyen le plus simple est d’échanger un bien contre un autre : une pomme contre une banane par exemple, ce qu’on appelle le troc. C’est efficace pour une tribu avec un nombre limité des personnes, des biens et services. Mais quand une société dépasse une certaine taille, les possibilités de spécialisation augmentent et l’on se retrouve confronté aux problèmes de la coïncidence des besoins.

La personne qui propose ce que vous voulez peut ne pas être intéressée par ce que vous proposez en échange. Il faudrait donc trouver un bien qui soit accepté par tous pour servir d’intermédiaire. C’est ce qu’on appelle une ‘’monnaie’’.

Une monnaie est un bien qu’on n’utilise ni pour le consommer, ni comme matière première pour créer une autre chose, mais simplement pour être échangé contre d’autres biens.

A l’exception donc d’histoires récentes, toutes les monnaies ont émergé naturellement dans les sociétés : le coquillage, le bétail, le sel, le gros caillou ou les perles, l’or, l’argent…


Ce qui fait qu’un bien est naturellement adopté comme monnaie par les individus, c’est sa ‘’cessibilité’’, c’est-à-dire la facilité avec laquelle on peut le revendre sans qu’il ait perdu sa valeur.

1- Sa cessibilité à différentes échelles, c’est-à-dire qu’on peut le diviser : si je vends une maison et que je veux m’acheter des pommes, des chaussures, des voitures, je peux diviser la monnaie en unités de valeur plus petites que la maison pour m’acheter des biens de valeurs différentes ;


2- Sa cessibilité dans l’espace : je peux vendre ma maison à Paris, en France et transporter ma monnaie pour aller m’en acheter une autre à Tokyo sans que rien ne m’en empêche ;


3- Sa cessibilité dans le temps : c’est-à-dire la capacité de ce bien à garder sa valeur dans le temps. Si ma monnaie c’est de la salade, au bout de quelques jours, elle aura pourri et j’aurai perdu mes économies.

C’est ce troisième critère qui est le plus important parce qu’il correspond au second rôle de la monnaie qui doit être à la fois un intermédiaire des échanges et doit aussi être une ‘’réserve des valeurs’’. Vous ne pouvez pas avoir comme monnaie, un bien qui perd sa valeur dans le temps : s’il se rouille ou s’il pourri par exemple.
Mais ce n’est pas seulement son intégrité physique qui permet de présenter sa valeur, il faut aussi que sa quantité en circulation ne s’accroisse pas trop rapidement pendant la période où je le détiens. Si l’on trouvait un moyen de produire énormément d’or, la quantité d’or possédée perdrait rapidement sa valeur parce que l’offre exploserait et tout le monde pourrait s’en procurer facilement.


C’est justement parce que l’extraction d’or est un processus coûteux que la quantité en circulation s’accroît peu et c’est ce qui lui permet de garder sa valeur qui est proportionnelle à sa rareté.

Donc, pour déterminer si une monnaie est une bonne réserve de valeur, on calcule ce qu’on appelle : le ratio du stock sur flux (Stock/Flux) qui permet de déterminer ce qu’on appelle la dureté de cette monnaie.
Le ‘’Stock’’, c’est la quantité actuelle de cette monnaie en circulation et le ‘’Flux’’, c’est la quantité de cette monnaie qui est produite tous les ans.

Plus le Ratio Stock sur Flux est élevé, plus la monnaie a de la valeur et plus elle garde cette valeur dans le temps. Mais si par contre créer de la monnaie revient simplement à taper un montant sur un ordinateur, ce qui est de manière simplifiée ce que font les banques centrales avec l’Euros (€) et le dollars ($) aujourd’hui, le flux de nouvelle monnaie s’envole, le ratio stock sur flux s’effondre, ce qui fait exploser l’inflation. Tous ceux qui stockent leurs économies dans ces monnaies voient leur épargne détruite et ils se détournent financièrement de ce bien comme monnaie, puisqu’il ne joue plus son rôle fondamental de réserve de valeur. C’est ce que l’on appelle le ‘’piège de la monnaie facile’’.
C’est comme ça qu’à travers les âges, toutes les monnaies ont perdu leur rôle de ‘’monnaie’’.

Quand un événement naturel, politique ou technologique a permis d’augmenter massivement la quantité en circulation de ce bien, en ruinant au passage tous les gens qui avaient stocké leur richesse dans cette monnaie au profit de ceux qui avaient trouvé un moyen d’en produire massivement.

C’est par ce processus naturel que les individus se réorientent au fil du temps vers leurs biens qui leur permettent de conserver leur épargne, le produit de leur travail, ce qui fait émerger certains biens comme monnaie généralement acceptée. C’est le fait qu’un bien est largement accepté par tout le monde en tant que monnaie qui lui permet de remplir son troisième rôle que nous détaillons dans les lignes qui suivent.

En plus de servir d’intermédiaire des échanges et de réserve des valeurs, le troisième et dernier rôle d’une monnaie est de servir d’’’unité de compte’’. Elle doit permettre d’estimer la valeur interpersonnelle des choses pour rétribuer correctement les entreprises en fonction de leur coût de production, la valeur qu’elles apportent à la société et indiquer aux consommateurs le prix qu’ils devront payer pour se procurer ces choses.
Les prix sont définis là où se rencontrent naturellement l’offre et la demande quand l’ajustement se fait entre le prix auquel les producteurs sont prêts à vendre leurs produits pour couvrir leurs coûts et générer un profit et les prix que sont prêts à payer les consommateurs.

Quand une monnaie remplit ces trois rôles, elle permet à l’économie et à la société de prospérer. Les individus peuvent se spécialiser dans différentes activités, investir pour l’avenir et commencer efficacement en voyant leur travail rémunéré à sa juste valeur.


Le bien qui s’est réellement imposé comme monnaie au fil du temps, c’est l’or, car il remplit parfaitement ces trois rôles précités.

L’adoption d’une monnaie dure à l’instar de l’or comme étalon de valeur par les Etats du monde correspond aux périodes les plus prospères de l’histoire de l’humanité. Que ça soit à Rome, Constantinople, Florence ou Venise, ou plus récemment pendant la belle époque dans les Etats occidentaux.


L’étalon-or, c’est un système dans lequel toute émission de monnaie se fait avec une contrepartie et une garantie d’échange en or. C’est-à-dire que votre billet de banque est une simple représentation de son équivalent en or stocké à la banque. Vous pouvez l’échanger à tout moment contre un poids d’or fixe. C’est un simple moyen d’éviter d’avoir à transporter des lingots d’or dans son sac à main.

L’étalon-or quand il est respecté permet d’avoir une quantité fixe de monnaie qui joue ainsi un rôle neutre dans l’économie. Elle permet de fluidifier les échanges, d’allouer efficacement les ressources dans ce mécanisme des prix et aux individus de conserver la valeur de leur épargne, le fruit de leur travail.


Aucun Etat ni aucune banque ne peut venir altérer ce mécanisme. Mais le problème de l’étalon-or c’est que, justement, rien n’empêche les Etats et les Banques de créer de la monnaie en imprimant plus des billets qu’elles n’ont d’or dans leurs coffres. C’est le piège de la monnaie facile.

Si vous donnez à un Etat la possibilité de créer de la monnaie pour financier ses dépenses, il finira invariablement par le faire : au premier siècle, NERON créa ce que l’on appelle les crétages, c’est-à-dire qu’il commença à remplacer les pièces d’or par les pièces moins chargées en or pour financer ses dépenses avec l’or soutiré.

Constantinople fit de même en dévaluant progressivement sa monnaie et les Etats décidèrent de s’engager sur la même voie en 1914 quand ils mirent fin à l’étalon-or pour financer les dépenses de la première guerre mondiale dans lesquelles ils allaient s’engager.

A la fin de la deuxième guerre mondiale, les Accords de Bretton Woods stipulaient que les pays impliqués dans la guerre devaient transférer leur stock d’or aux Etats-Unis et recevoir en échanger des dollars au cours de 35 dollars l’once. A partir de là ce n’était donc plus l’or qui jouait le rôle d’étalon pour les monnaies de différents pays, mais le dollar.

Les banques autour du monde étaient invitées à stocker des réserves de dollars plutôt que d’or, avec la garantie qu’ils puissent échanger contre de l’or quand ils en font la demande. Mais le problème, c’est que contrairement à l’or, rien n’empêchait les Etats-Unis d’imprimer autant de dollars qu’ils souhaitaient en contractant de la dette pour financer leurs guerres, leurs conquêtes spatiales et l’Etat providence, dispersant ainsi le coût de l’inflation sur le reste du monde qui utilisait désormais le dollar comme étant une valeur.

Comprenant que ce dollar ne valait plus rien comparé au stock d’or qu’il avait transféré aux Etats-Unis d’Amérique à la fin de la guerre, Charles De Gaulle décida d’y envoyer un convoi militaire pour le récupérer. Mais quand les Allemands tentèrent de faire la même chose, le Président Américain Richard Nixon décida de revenir sur l’engagement des Etats-Unis à échanger les dollars contre de l’or au cours de 35 $ l’once et mit fin à la convertibilité du dollar en or en 1971, les monnaies se mettant donc à flotter sans aucune relation directe avec l’or ou avec quoi que ça soit de tangible.

On appelle aujourd’hui ces monnaies comme l’Euro (€), le Yen ou le dollar ($), des monnaies fudiciaires, du latin fudicia, qui signifie confiance, car elles ne reposent sur rien d’autre que la confiance que l’on accorde à l’Etat pour préserver sa valeur. Ce n’est plus justificatif d’une quantité d’or gardée en banque qui vous appartient.

Libérés de toutes contraintes liées à l’étalon-or, les différents Etats autour du monde se sont engagés dans une impression effrénée des monnaies pour financier leurs dépenses.
Entre 1971 et 2018, la masse monétaire totale des Etats-Unis d’Amérique a été multipliée par 30, le dollar devenant la monnaie facile par excellence. Pendant ce temps, l’or, la monnaie dure par excellence voyait son cours passer de 35 $ l’once en 1971 à 1 800 $ aujourd’hui, une multiplication par 50. Ce n’est bien sûr pas la valeur de l’or qui a tellement augmenté, mais celle du dollar qui s’est effondrée, car son flux a explosé.

Donc, son ratio stock sur flux s’est effondré et c’est la même chose pour la plupart des monnaies dans le monde entier. Alors, si vous aviez 100 $ ou son équivalent en Euro (€), ce ne sera plus comme en 1971, ces 100 $ n’en vaudraient plus que 2 $ US aujourd’hui. Leur pouvoir d’achat s’est effondré parce que leur quantité en circulation n’est plus limitée à la quantité d’or que l’Etat possède. Rien ne les empêche d’en imprimer en contractant simplement plus des dettes, comme le dit l’auteur : « l’augmentation constante de la masse monétaire signifie une dévaluation continue de la monnaie expropriant la fortune de ses détenteurs au bénéfice de ceux qui l’impriment ». Comme si on jouait au Monopoli et que je me servais à la caisse à chaque tour.

Pendant ce temps-là, alors que les Banques centrales continuent à clamer la fin du rôle monétaire de l’or, elles ont néanmoins à en croître massivement leur réserve, illustrant parfaitement la confiance qu’elles placeraient dans leurs propres monnaies-papiers.
Il y a trois raisons principales qui font qu’une monnaie dure est indispensable pour permettre à une économie de fonctionner et à une société de prospérer sur le long terme :

1- D’abord, une monnaie dure protège la valeur dans le temps, ce qui procure aux individus la liberté de penser à leur avenir et réduit ce qu’on appelle la préférence temporelle. Celle-ci est le niveau de valorisation du présent par rapport au futur.

Pour les êtres humains, elle est toujours positive. On préfère souvent disposer d’un bien maintenant plutôt que dans un an par exemple. Pour qu’on accepte de déférer d’un an la disposition de ce bien, il faut qu’on espère en disposer d’une plus grande quantité. Ainsi, si vous donnez par exemple un bonbon à votre petite fille aujourd’hui, elle le sucera dans l’instant même. Mais si vous promettez de patienter pour en disposer de deux le jour suivant, elle patientera bien sûr. Elle sera tentée de déférer sa gratification pour l’augmenter.

Le seul moyen pour une société de créer du progrès et de prospérer, c’est d’inciter les individus à réduire leur préférence temporelle en sacrifiant une partie de leur consommation immédiate pour investir dans leur futur.


En gros, ne pas dépenser son pognon tous les week-end en soirée et le mettre de côté pour créer un jour une entreprise qui produira de la valeur pour soi et pour la société. Alors, économiser son bonbon aujourd’hui pour en avoir deux demain, ce n’est pas mal pour un enfant.

Le rôle du taux d’intérêt pour une banque, c’est justement de nous inciter à baisser notre préférence temporelle. On épargne de l’argent auprès de cette banque qui nous paie un pourcentage de la somme que nous lui prêtons dans la durée. Nous sommes incités à le faire parce que nous disposerons de plus d’argent dans le temps. Nous apprenons à penser aux futurs mois plutôt que de penser aux mois d’aujourd’hui.

De l’autre côté, la banque prête cet argent à un taux d’intérêt équivalent en se prenant sa part pour avoir joué un rôle d’intermédiaire. Elle a donc mis en relation des acteurs économiques qui ont plus de financement, les épargnants, avec des acteurs économiques qui ont un besoin de financement, les personnes qui investissent. Le taux d’intérêt est compris ici simplement comme le prix que l’un paie à l’autre et qui reflète l’offre et la demande globale de financement et qui permet ainsi d’allouer efficacement les capitaux à travers la société.


Ceux qui ont une entreprise productive, peuvent se permettre d’emprunter de l’argent et payer un taux d’intérêt qui réalise des profits en créant la valeur pour la société et ceux qui veulent faire fructifier leur argent en se serrant la ceinture pour investir dans leur future épargne et en sont récompensés.

La monnaie quand elle a une quantité fixe, qu’elle est dure, est simplement le reflet de la richesse créée par le passé par les différents acteurs économiques. Le capital qu’on a accumulé, que ça soit le musée qu’on a créé et les infrastructures qu’on a construites, les technologies qu’on a inventées, les tableaux qu’on a peints ou les denrées alimentaires qu’on a produites sont là les différentes richesses qui constituent le capital.

Pour se procurer une part du gâteau, il faut se prêter au jeu de la création de valeur et en payer le prix. Nous pouvons investir soit avec nos économies, grâce à la valeur que nous avons créée par le passé, soit en empruntant à d’autres personnes qui ont elles-mêmes créé de la valeur par le passé et qui sont prêtes à nous prêter une partie de leur argent à un certain prix, le taux d’intérêt. C’est effectivement tout l’argent qui a été prêté par les banques pour l’investissement des uns et de l’argent qui a été épargné par les autres.

En effet, la monnaie n’a pas été créée à partir de rien, elle représente de la richesse réelle. Le problème aujourd’hui, c’est que ce n’est plus l’épargne des uns qui permet de financer l’investissement des autres, mais la création monétaire. Le marché des capitaux n’est plus un marché où se rencontrent le surplus de financement des uns qu’ils ont obtenu grâce à leur travail et le besoin de financement des autres qu’il rémunère par le taux d’intérêt qui est arbitrairement défini par les banques centrales.

Aujourd’hui, ces banques ont décidé que ce taux serait de zéro et même négatif, si l’on tient compte de l’inflation. Donc, d’un côté, les épargnants n’épargnent plus, car ça leur coûte de l’argent d’épargner et de l’autre côté, les emprunts explosent parce que ça ne coûte plus rien d’emprunter.

L’épargne est punie par des taux d’intérêt artificiellement bas et l’inflation engendrée par la création monétaire et l’endettement et la consommation récompensés. Si vous ne dépensez pas votre argent aujourd’hui, vous pourrez moins consommer demain parce que l’argent aura perdu de sa valeur à cause de l’inflation. Les individus n’ont donc plus aucun intérêt à économiser aujourd’hui pour investir dans leur futur.

En plus, les Etats n’ont plus aucune incitation à privilégier une gestion intelligente de leur budget et préfèrent continuer à s’endetter sans frais et c’est comme ça qu’on se retrouve aujourd’hui, notamment en France par exemple, avec une dette publique de 2 400 milliards d’Euros (€), environ 36 000 €/habitant qu’on devra un jour payer et auxquels s’ajoute le poids de l’endettement privé des individus qui correspond en moyenne à 100 % de leurs revenus en occident.


Mais encore une fois, on ne crée pas de la richesse en imprimant de la monnaie. La richesse constitue quelque chose de tangible dont la valeur ne peut être évaluée que par une monnaie dure dont la quantité est fixe.

A partir du moment où l’on s’imagine que l’on peut inventer de la richesse en créant de la monnaie, tout ce que l’on fait c’est neutraliser le système qui permet aux individus de transférer les ressources efficacement pour créer la vraie richesse. Alors, l’on détruit lentement le tissu économique qui rend tout ce système possible.


C’est de cette manière que l’on est passé d’une société prospère qui investit pour son futur en construisant des cathédrales, des hôpitaux, des systèmes de communication… à une société de consommation qui détruit ce qu’elle a hérité de son passé et consomme les ressources dont elle aura besoin dans son futur.

La dette consiste simplement à dépenser ce que l’on n’a pas encore gagné, à consommer avant d’avoir produit.
Si c’est pour investir dans des projets productifs qui apporteront plus que cet emprunt, cela aurait du sens. Mais lorsque les Etats empruntent pour financer leurs réélections, que les entreprises empruntent pour se maintenir artificiellement en vie et que les individus empruntent pour s’acheter des gadgets qui ne leur apportent rien, nous arrivons à un point où en tant que société, nous sabotons collectivement notre avenir au profit de notre présent. Nous hypothéquons notre futur pour le consommer aujourd’hui.


Ceux qui paieront la note pour les 2 400 milliards de dette en France par exemple, ne sont pas des politiciens qui l’ont contractée et les gens qui en ont profité, ceux qui financent le renflouement des banques et de grosses entreprises en faillite comme BOEING aujourd’hui, ce ne sont pas ceux qui les ont mal gérées en prenant des risques inconsidérés hier. Bien plus, ceux qui paieront les dégâts sur l’environnement ne sont pas ceux qui l’ont détruit, comme c’est le cas dans le bassin du Congo avec les exploitants forestiers.


Le crédit nous donne une illusion de richesse aujourd’hui et tout ce que nous faisons, c’est consommer les richesses dont nous avons héritées des générations passées sans rien créer pour les générations futures. Tout ce que nous leur laissons, c’est la responsabilité de payer nos propres factures. Et ça, ça ne peut durer qu’un temps, car nous ne pouvons continuer à récolter les fruits de la graine que nous n’avons pas semée.

Voilà tout sur la première pour laquelle une monnaie dure est indispensable. Les deux autres raisons feront l’objet du billet suivant.
Vos commentaires, suggestions et likes seront les bienvenus afin de nous aider à peaufiner le prochain billet.

Germain Joseph MUANZA K. Auteur, coach et conférencier.