RDC: l’auteur Germain Joseph Muanza revient sur l’histoire d’une étincelle devenue un incendie dans l’espace Kasaï

RDC: l’auteur Germain Joseph Muanza revient sur l’histoire d’une étincelle devenue un incendie dans l’espace Kasaï

11 août 2020 0 Par Grandjournalcd.net


« L’épilogue sur un drame qui a endeuillé toute une région, l’espace Kasaï », voici cinq ans. Pour que cela ne revienne jamais, l’auteur, Germain Joseph Muanza Kambulu publie des larges extraits d’un livre fouillé aux éditions L’Harmattan.

Les massacres à huis clos dans le grand Kasaï (365 jours de carnage et l’émergence de héros), est l’histoire d’une étincelle devenue incendie où les pyromanes joueraient le rôle des pompiers.

Le 12 août 2016, Jean Prince Mpandi, nom du chef coutumier des Bajila Kasanga et le 6ème Kamwina Nsapu était tué dans l’assaut de sa cour à Tshimbulu dans la province du Kasaï Centrale.

Le conflit qui n’était qu’un contentieux entre deux chefs coutumiers prit de l’ampleur. Le mouvement débute à Tshimbulu, il passe Dimbelenge puis Kananga et atteint Kabeya Kamwanga et Miabi dans le Kasaï Oriental. Quelques jours plus tard, l’insurrection s’étend aux autres provinces du grand Kasaï.

Dix mois plus tard, l’église catholique publia des chiffres témoignant de l’intensité des violences au Kasaï. Alors que jusque-là on parlait de centaines de morts, un bilan assez flou de la Communauté Internationale, pendant que celui apporté par le clergé le 19 juin 2017 était très précis. Il listait les dommages subis par l’église dans le grand Kasaï, mais surtout le bilan humain de cette crise.

Plus de 3.300 morts depuis le début des violences et dans 6 diocèses seulement. Plus d’un millier était du fait des forces de sécurité selon ces documents internes à l’église catholique du Congo. Près de 3.700 maisons détruites, plus de 20 villages dont 10 ont été détruits par les forces de sécurité. Près de 300 bâtiments appartenant à l’église ont été fermés ou endommagés dont 141 écoles.

Jusqu’au 12 août 2017, l’on comptabilisait déjà près de 80 fosses communes dont les auteurs restent à identifier.
Le conseil des droits de l’homme, réuni le mardi le 26 septembre 2017 à Genève, avait revu ce bilan à la hausse, soit 87 fosses communes. Mais celui-ci évoluera jusqu’à près de 89 fosses communes reconnues à ce jour et à près de 5.000 morts sans compter les 1, 6 million de déplacés.

Les autorités congolaises étaient directement pointées du doigt pour leur responsabilité criminelle dans ce qui s’apparentait à un génocide.

Cet ouvrage a suivi les traces du prélat congolais et celles des enquêteurs de l’ONU, en donnant l’essentiel sur les principaux acteurs de la crise, leurs mobiles et les méthodes utilisées par chacun d’eux.

Il relève aussi à quelques détails près les différents massacres enregistrés durant toute cette période des violences.
L’ouvrage relève surtout les conséquences dramatiques liées à ces violences dont la principale était : « une jeunesse sacrifiée ».

Au sujet de Jean Prince Mpandi, l’histoire retiendra qu’il est l’un de ces congolais qui auraient dit haut ce que les autres pensent bas face à une sorte de monarchie républicaine qui voulait s’installer au Congo Kinshasa.

Le phénomène Kamwina Nsapu aura dépassé les limites tribalo ethniques Bajila Kasanga de Dibaya et celles de l’entendement du commun des mortels, mais restera considéré comme ridicule et dangereux, en attendant que seule l’évidence puisse le consacrer en tant qu’une révolution à part entière.

À l’heure actuelle, l’affaire Kamwina Nsapu s’est transformée en un désastre, en un génocide ignoré. Plusieurs complices kasaiens restent à identifier. Dans ce livre les lecteurs trouveront des pistes pour y arriver et des solutions pour qu’un tel drame ne puisse se répéter.

Germain Joseph Muanza Kambulu, auteur.