RDC/affaire BUKANGALONZO : le pasteur Joseph Kitenge, l’un des aviculteurs congolais étouffés par l’injustice du gouvernement sous Matata attend toujours des réponses

RDC/affaire BUKANGALONZO : le pasteur Joseph Kitenge, l’un des aviculteurs congolais étouffés par l’injustice du gouvernement sous Matata attend toujours des réponses

11 juillet 2020 0 Par Grandjournalcd.net

L’ex premier ministre ( 2012-2016) Matata Ponyo Mapon a suscité beaucoup de polémique après son interview accordée au magazine JeuneAfrique en rapport avec différents projets inachevés de don gouvernement. Il faut dire que l’homme à la cravate rouge est l’un des plus contreversés des locataires de la primature avec à son passif plus des dix grands projets financés et jamais achevés,d’autres n’ont jamais démarré.

Pour sa défense, le premier a tantôt responsabiliser les ministres sectoriels et tantôt déploré la concurrence déloyale des importateurs.

Une défensive qui trouble cet ancien député national  le pasteur Joseph Kitenge se dit troublé dans sa conscience lorsque l’honorable Matata dit que le projet de Bukangalonzo était combattu par les importateurs des produits agricoles pourtant c’était lui le premier ministre. « Il n’était pas seulement initiateur de ce projet mais il était aussi le Premier Ministre », rappelle-t-il à l’initiateur de l’immeuble intelligent. Lire l’intégralité de sa tribune ici.

« Le pouvoir ne se plaint pas, le pouvoir agit. Il n’est pas sensé l’ignorer !
Puisqu’au-dessus de lui il n’y avait que le Chef de l’Etat, peut-il nous dire qu’est ce qui l’avait rendu impuissant face à ces importateurs ?

Si c’est le Chef de l’Etat qui l’a empêché à défendre le projet pour lequel des millions de dollars du contribuable congolais ont été investis,  peut-il nous dire pourquoi il n’avait pas démissionné en signe de protestation ?

Moi j’ai élevé des poules pondeuses et cet élevage fut mis en mal, jusqu’à la faillite, par des firmes étrangères installées à Kinshasa qui importent des œufs depuis l’outre-mer, œufs vendus deux fois moins chers (2.5$ le plateau de 30 au lieu de 5$ pratiqué par nous vu le coût d’aliments pour volailles qu’eux-mêmes nous vendent). Pour pouvoir vendre ces œufs à un prix aussi bas, ces véreux importateurs les ramassent gratuitement en Europe où d’après les normes, 30 jours après la ponte, l’œuf est soustrait de la vente puisqu’il a perdu toutes ses qualités biologiques. Ils les embarquent alors dans des conteneurs à frigo pour notre pays et, à la frontière, ils les déclarent comme « œufs à couver » pour éviter de payer les frais de douane. Ces œufs, non seulement ne sont plus que des simples matières sans leur substance nutritives, mais enfermés dans des frigos au-delà de 3 jours leurs coquilles deviennent poreuses si bien que les exposer en milieux ambiants ils deviennent des chambres de culture pour les microbes anaérobiques. Pour prévenir cela, la norme veut que lorsqu’un œuf quitte le frigo il doit aller directement à la cuisine.

Face à tous ces dangers qui menaçaient tant la survie des éleveurs locaux que la santé de nos compatriotes, le regroupement des éleveurs (Croisade Nationale pour la Sécurité Alimentaire, CNSA en sigle) avait écrit au Premier Ministre qu’était Mr Matata sans qu’il n’ait eu de réaction de sa part, pas même une simple réponse. Moi-même je lui ai écrit en ma qualité de député national et cela est resté sans suite. J’ai écrit au Ministre de l’économie en réservant copie au premier ministre qui n’y avait toujours pas réservé de suite ! Et pourtant toutes ces correspondances étaient bien documentées et les importateurs nommément cités même par le SQAV ( service de quarantaine animale et végétale).

J’ai encore aujourd’hui copies de toutes ces correspondances bien revêtues du cachet de réception. Pourquoi n’y avait-il réagi pour protéger la production locale ? Aujourd’hui, à cause de cette concurrence déloyale, les fermes avicoles locales peinent à se développer et plusieurs autres ont carrément fermées les portes.

Cher Grandjournalcd.net, si vous le pouvez, merci de remonter le présent message jusqu’à Monsieur Matata. Je serais très heureux d’avoir ses réponses à ces questions. J’ai beaucoup souffert de cette situation sur le plan financier car il m’a fallu durement rembourser les crédits bancaires puisque l’investissement ne pouvait plus produire. Aujourd’hui encore tous les bâtiments qui servaient de poulaillers sont là vides parce que depuis je n’ai pas encore pu me ressaisir financièrement.

J’ai même initié des questions orales que le bureau a chaque fois refusé d’aligner pour x ou y raison. Ne sachant que faire j’ai fini par déposer une dénonciation auprès du Procureur Général pour, non seulement la menace qui pesait contre les aviculteurs locaux ainsi que sur la santé humaine, mais aussi pour fraude douanière. Malheureusement aucune poursuite n’a pu être engagée à ce jour.

Voilà comment des étrangers ont réussi à clouer au sol plusieurs aviculteurs congolais, par des pratiques malhonnêtes sans que nos autorités dont Monsieur Matata en tête, n’aient rien fait pour nous protéger alors qu’elles en étaient bien informées !

Pasteur Joseph Kitenge, ancien député national.