RDC/Tribune : « Frontières poreuses, des armées étrangères sur notre territoire, le président de la République en voyage privé, qui est le garant de la nation? » S’interroge Jeannot Mubenga

RDC/Tribune : « Frontières poreuses, des armées étrangères sur notre territoire, le président de la République en voyage privé, qui est le garant de la nation? » S’interroge Jeannot Mubenga

8 juillet 2020 0 Par Grandjournalcd.net

La RDC, notre cher pays, s’est toujours targuée d’être l’un des pays ayant le plus des voisins au monde. En effet, les voisins, le pays de Lumumba en a neuf (à savoir: Le Congo voisin, l’Angola, la Zambie, la Tanzanie, le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda, le Sud-Soudan et la RCA). Seuls la Chine Populaire (avec ses 15 voisins), la Fédération de Russie (avec ses 14 voisins) et le Brésil (avec ses 10 voisins) dépassent notre pays en nombre des pays limitrophes.

Avoir un grand nombre de pays voisins devrait être, potentiellement pour tout pays, une richesse. En effet, cela offre au pays qui en a d’importants marchés à inonder par ses productions dans tous les secteurs économiques. Mais plus important encore, cela impose au pays si entouré l’obligation d’être fort afin de mieux contrôler ses frontières au risque d’être une proie pour ses voisins.

Le Congo et ses voisins

Le 26 Février 1886, le roi Léopold II de la Belgique se voit reconnaître, à Berlin, par toutes les puissances de l’époque la souveraineté sur un immense territoire équivalant à plus de quatre-vingts fois la taille de son propre pays. Ainsi naquit le Congo sous sa forme actuelle et reconnut alors comme propriété privée d’un seul homme, Sa Majesté Léopold II, qui n’y foulera jamais ses pieds. À sa naissance, le pays reçut le nom ô combien curieux d’État Indépendant du Congo (EIC) avec comme vocation d’être un État sans douanes, entièrement ouvert au commerce. Car, en réalité, il était considéré comme une propriété de la communauté des puissances dont le roi Léopold II ne devrait être que le gérant.

Autour de lui, des colonies furent créées. L’EIC à son tour finit par être une colonie car légué comme telle par le Roi Léopold II à sa petite Belgique. Colonie florissante, le Congo Belge (car c’est le nom que les Belges donnèrent à L’EIC ) finit par décrocher son indépendance en 1960, soient 75 ans après sa création. Il devint une République gérée à ses débuts par une élite jeune qui sut préserver ses frontières et qui les fît reconnaître comme intangibles et immuables, en 1963, lors de la création de l’Organisation de l’Unité Afrique, aujourd’hui l’Union Africaine.

Entre temps, les colonies voisines du Congo devinrent indépendantes l’un après l’autre…jusqu’à devenir neuf pays voisins autour du grand Congo.

Aujourd’hui,soixante ans se sont écoulés depuis que la RDC est indépendante. Aussi, une première historique, le pays de Lumumba a connu sa première alternance pacifique en 2019. Grâce à des efforts fournis dans la politique de défense depuis bientôt deux décennies, le pays, qui a vu en 1997 des hordes d’enfants soldats encadrés par des militaires principalement Rwandais terrasser à plate couture son armée et marcher triomphalement de l’Est jusque dans sa capitale, a aujourd’hui la neuvième armée d’Afrique.
Problème : Avoir une armée est de loin être suffisant si son commandant n’est pas à la hauteur de sa tâche.

Le Festin des fauves

L’une de missions de l’Armée est de protéger l’intégrité territoriale d’un pays. Et la RDC a son armée: Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
Comme écrit ci-haut, le pays a connu sa première alternance démocratique et pacifique en Janvier 2019. Certes, la vitalité de la démocratie (dont fait partie l’alternance ) est bonne mais il est sage de reconnaître qu’ il ne suffit pas d’être une démocratie pour bien défendre ses frontières; il faut avoir au sommet de l’État les dirigeants soucieux de défendre la souveraineté de leur pays. Est-ce le cas de la RDC depuis 2019? On peut en douter…avec raison.

À l’heure actuelle, sept de neuf voisins de la RDC ont leurs armées sur le sol Congolais non en tant qu’amis mais en tant qu’agresseurs. Une réalité que le grand Congo n’a jamais connu auparavant. Cela devrait être la grande préoccupation des autorités en place. Mais, est-ce le cas? Loin de là! Le pays devient un festin de fauve pour ses voisins sous un regard quasiment désintéressé du sommet de l’État où règne l’omerta quant à cet état de chose.

Les armées voisines entrent au pays comme dans un boulevard leur ouvert; l’Angola envoie ses troupes dans l’espace Kasaï et le Kongo Central, la Zambie installe ses quartiers dans le Tanganyika (où le gouverneur de la province se retrouve seul à gérer une question nationale), le Burundi va et vient dans le Sud-Kivu, le Sud-Soudan fait des incursions dans l’Ituri, la RCA dans le Nord-Ubangui. Quant au Rwanda, il reconnaît à demis mots que ses troupes sont au Congo sur invitation des dirigeants Congolais qui n’ont pourtant pas eu le courage d’en informer leurs populations. L’Ouganda n’est pas non plus à la traîne.

Le Congo qui a commémoré ses soixante ans d’indépendance le 30 Juin dernier est-il entrain de revenir à sa vocation initiale; celle d’être un État sans frontières totalement ouvert impuissament aux incursions de tous ses voisins? Jamais le pays ne s’ est retrouvé aussi faible!

« Celui qui n’a pas d’objectifs ne risque pas de les atteindre. »

Les mots ci-haut sont du célèbre stratège Chinois Sun-Tzu, qui ajoutait: « Connais l’adversaire et surtout connais toi toi-même et tu seras invincible. »
Les nouveaux dirigeants Congolais sont-ils venus au pouvoir avec l’objectif de défendre l’intégrité territoriale de leur pays? Nous pouvons à juste raison de répondre à la négative à cette question. Le silence quant aux agressions extérieures que subit le pays est très éloquent pour nous donner raison.

Pire encore, en plein état d’urgence censé protéger le pays contre la Covid19, la population Congolaise a été sidérée d’entendre que son président de la République est parti, en catimini, en voyage privé en Belgique, défiant ainsi les règles de l’état d’urgence décrété par lui-même! Et surtout en un moment où le pays vit sous les feux des attaques de presque tous ses voisins.
Le Congo connaît-il ses ennemis ou ce sont ces derniers qui le connaissent mieux qu’il ne se connaît?

Vive Le règne de la diversion et de la distraction

Au pays de Lumumba s’ installe progressivement un régime de diversion et de la distraction dont le mérite est de nourrir le peuple de polémiques et de la sensation stérile. Le parti au pouvoir est doué dans l’art de détourner l’attention de la population sur les problèmes réels auquel la gouvernance est loin de trouver les réponses pour le distraire avec des futilités.
Entre temps, les frontières du pays sont poreuses plus que jamais.

Jeannot Mubenga, le patriote