RDC/Destitution JM KABUND : « Qu’est-ce qui a été suspendu, l’élection du nouveau premier Vice-président de l’Assemblée nationale ou toutes les activités parlementaires ? » (Stanis Menji Kabwe )

RDC/Destitution JM KABUND : « Qu’est-ce qui a été suspendu, l’élection du nouveau premier Vice-président de l’Assemblée nationale ou toutes les activités parlementaires ? » (Stanis Menji Kabwe )

13 juin 2020 0 Par Grandjournalcd.net

Tout est parti de la pétition de l’honorable Jean-Jacques Mamba sollicitant de ses collègues députés nationaux la destitution du premier Vice-président de l’Assemblée nationale, l’honorable Jean-Marc Kabund qu’il estimait avoir jeté de l’opprobre sur ses estimés collègues au sujet de la tenue au parlement d’un congrès controversé.

Ayant persuadé les élus, l’honorable Jean-Jacques Mamba obtiendra le départ du premier Vice-président qui sera destitué par ses pairs après un vote sous pli fermé en dépit de certaines irrégularités constatées par celui-ci dans la procédure de son ostracisation.

Notifié de sa déchéance par le bureau de l’Assemblée Nationale, l’honorable Jean-Marc Kabund récuse par accusé de réception sa destitution pourtant actée publiquement par la plénière et saisit par ricochet la justice en l’occurrence, le juge de référé du conseil d’État.

Ce dernier, après avoir verbalisé les deux parties notamment, les avocats de l’Assemblée nationale et ceux de l’honorable Kabund, décide de la suspension de l’élection du nouveau premier Vice-président de l’Assemblée nationale en attendant l’arrêt de la cour constitutionnelle, la juridiction compétente pour trancher ce genre d’affaires.

Au lendemain de cet arrêt du conseil d’État, l’Assemblée nationale annonce le maintien de l’élection de son nouveau premier Vice-président tel que repris dans le calendrier électoral initialement établi nonobstant cette décision faisant état de son sursis.

Le jour de l’élection. La police fait irruption au palais du peuple suite à une réquisition de la force publique signée par le Procureur Général. Le parlement tout entier sera de grand matin contre toute attente scellé: toute entrée barricadée. Pas d’accès pour tout le monde.

L’affaire fait boum. Les commentateurs s’y mêlent, les uns pour soutenir cette réquisition de l’autorité judiciaire et les autres pour la fustiger.

Mais, dans tout ça, quelque chose à échapper quasiment à tout le monde, c’est cette question que se pose le Peuple : qu’est-ce qui a été suspendu, l’élection du nouveau premier Vice-président de l’Assemblée nationale ou toutes les activités parlementaires ? Pour rappel, au parlement, il n’y a pas que l’élection d’un membre du bureau de l’Assemblée nationale comme activité, il y a aussi des plénières, des travaux en commissions, des activités administratives et autres.

Cependant, on a assisté à une vilaine scène anti démocratique qui a consisté à bloquer le fonctionnement du parlement tout entier: paralysie de l’administration parlementaire, restriction du travail parlementaire, etc. Outre ce constat, on a enregistré la violation de l’enceinte du parlement sans oublier la prise en otage du symbole de la démocratie, la maison du peuple.

Pourquoi cette réquisition de la force publique pendant que les députés avaient encore la possibilité de se concerter pour la tenue ou non de cette élection relativement à la décision du conseil d’État ? Voilà la grande question qui reste jusqu’à présent sans réponse.

Certains observateurs pensent que la justice serait utilisée au profit de certaines personnes au détriment des autres au nom d’un État de droit mal exploité.

D’autres par contre estiment que le conseil d’État pouvait après son arrêt, laisser le libre arbitre à l’Assemblée nationale et tirer toutes les conséquences au cas où cette dernière irait à l’encontre de sa décision.

En définitive, tout observateur avide attend impatiemment voir la suite des évènements surtout que d’aucuns n’ignorent que l’État de droit n’est pas l’analogie de la dictature des Juges qui sont aussi à l’instar de tous les citoyens soumis à l’ordre juridique. Au regard de ce spectacle nauséabond, il sied de relever que la RDC souffre actuellement de la Covid politique ostensiblement manifestée par un dysfonctionnement accru de la démocratie qui ne cesse progressivement d’entamer la vie des institutions.

Cette réflexion vaut une interpellation de la classe politique qui manifestement se livre à longueur des journées à des scénarios populistes en lieu et place de travailler pour la consolidation de la démocratie et du bien-être social. Aimons le Congo avant nos postes de responsabilité.


Stanis Menji Kabwe, Congolais.