LIMITATION DES MATIERES A TRAITER PAR LE PARLEMENT : François Nzekuye, porte-parole du PPRD, redoute une dérive dictatoriale

LIMITATION DES MATIERES A TRAITER PAR LE PARLEMENT : François Nzekuye, porte-parole du PPRD, redoute une dérive dictatoriale

22 avril 2020 0 Par Grandjournalcd.net

Le porte-parole du parti de Joseph Kabila a fait une déclaration au lendemain de la lecture de la dernière ordonnance lue au 20 heures de la RTNC. C’était une modification de l’ ordonnance du chef de l’Etat portant proclamation de l’état d’urgence sanitaire du 24 mars. Dans cette ordonnance on a noté entre autre la « dérogation » du président de la République à autoriser le parlement de se réunir séparément et « uniquement pour statuer sur la prorogation de l’état d’urgence décrété » qui expire ce 23 mars. Une procédure, par le président Félix Tshisekedi qui ne laisse pas à l’aise le député national François Nzekuye.

Ce communiquant assure d’abord que lui et ses collègues parlementaires sont conscients du danger et « sommes prêts à autoriser le Président de la République, en tout cas en ce qui concerne les députés et sénateurs membres du FCC de proroger l’état d’urgence. » a-t-il fait savoir.

Cependant, ce porte-parole du Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Développement ( PPRD) pense qu’une erreur matérielle s’est glissée dans l’ordonnance demandant la prorogation de l’état d’urgence, redoutant ainsi la violation du principe Constitutionnel de la séparation des pouvoirs.

« Rappelons-nous qu’en situation nécessitant l’instauration de l’état d’urgence, la constitution à son article 144 al. 2 dispose que l’assemblée nationale et le sénat se réunissent alors de prêt droit. D’autre part, l’état d’urgence n’empêche pas le fonctionnement d’autres institutions, le gouvernement et le cours et tribunaux de travailler normalement, moyennant le respect des mes mesures sanitaires. » a-t-il rappelé avant de poursuivre:

« Restreindre, les prérogatives constitutionnelles du Parlement est un acte grave et nous conseillons au Président de la République de ne pas emprunter ce sentier qui risque de le conduire vers des dérives dictatoriales, qu’il a affirmé heureusement, ne pas être prêt à suivre, il y a quelques mois devant les congolais de l’étranger. » rajoute-t-il.

Il a tenu à signifier à l’opinion que République démocratique du Congo a besoin de manière particulière de voir son parlement fonctionner normalement pour doter le gouvernement des textes de lois pour accélérer les reformes, mais aussi pour répondre aux urgences concernant la lutte contre le corona virus, raison d’être de l’état d’urgence.

« Il s’agit notamment des autorisations de ratification des accords de dons et de prêts que divers partenaires multilatéraux et bilatéraux ont signés avec notre gouvernement. Sans plénière pour autoriser la ratification, le gouvernement se prive des moyens importants dont le pays a besoin de manière urgente. » dit-il en s’interrogeant

« Est-il normal que durant toute une session ordinaire, prévue par la constitution à son article 115, le parlement n’use d’aucun moyen de contrôle parlementaire sans que des mandataires publics de mauvaise foi n’abusent de leurs pouvoirs pour détourner les deniers publics ou que les parlementaires revenus de vacances parlementaires ne fassent entendre les préoccupations de leurs électeurs aux mandataires publics ?  » craint il avant de conclure avec un appel à l’examen de conscience sur le bénéfice des uns et des autres dans cette coalition visiblement tumultueuse.

« Il ne se passe un mois depuis l’investiture du Président de la République et l’installation des deux chambres du parlement, sans qu’il n’y ait des pommes de discorde entre le FCC et CACH son partenaire, sans parler des disputes au sein du CACH. » a-t-il déploré.

« En tant député, membre de la coalition FCC-CACH, j’appelle à une réunion de clarification de l’état de l’accord pour en évaluer le bénéfice mutuel. Nous avons espéré, du coté FCC, que la meilleure manière de gérer le pays dans une situation où le CACH a gagné l’élection présidentielle sans disposer d’une majorité parlementaire et où le FCC dispose de la majorité parlementaire tant au niveau national que provincial sans avoir gagné l’élection présidentielle, était de former une coalition. Une année et demie après, il y a lieu de s’interroger sur la sincérité de uns et des autres sur la volonté de cheminer ensemble, au moins jusqu’à la fin du mandat et d’en tirer les conséquences qui s’imposent, dans l’intérêt de la République. » Conclut-il.

Moïse Dix