RDC-RWANDA : les chimères de la balkanisation (Notre réplique) , tribune de Patrick CIVAVA MBASHA ECIBEGEZA

RDC-RWANDA : les chimères de la balkanisation (Notre réplique) , tribune de Patrick CIVAVA MBASHA ECIBEGEZA

11 février 2020 0 Par Grandjournalcd.net


C’est avec amertume que nous touchons notre plume pour répliquer à une litanie de mensonges que nous avons lu sur jeune Afrique, mensonges constituant la véracité sur l’existence d’un spectre de la rupture de la paix dans la sous région des grands lacs africains. En effet, Monsieur Gatete Nyiringabo, un avocat rwandais spécialisé dans les droits de l’homme et blogueur, a écrit une tribune intitulée : RDC-Rwanda : les chimères de la « balkanisation » le 20 janvier 2020 à 16h25 et nous estimons que nous avons l’obligation morale de corriger les hérésies qui ont été déballé par ce confrère.
Obligation morale parce que nous sommes :

  • Avocat (inscrit au Tableau du Barreau près la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete) et nous estimons que ce parti pris ne marche pas avec l’éthique et la déontologie de notre profession noble.
  • Leader politique, Président National du Parti Politique ADN (Alliance des Démocrates pour une Nouvelle République), Parti Phare de la Nouvelle Classe Politique Congolaise, Membre de la Dynamique pour la Vérité des Urnes (DVU, plateforme qui a porté la candidature de Martin Fayulu Madidi à l’élection présidentielle de 2018 et qui a Estée devant la cour constitutionnelle en contentieux électoral en 2019) et de la méga plateforme LAMUKA que le confère pointe du doigt dans son récit ;
  • Notable Shi, nous sommes originaire de la province du Sud Kivu, du territoire de Walungu et du secteur de Ngweshe (Burale) et nous estimons qu’il n’est pas honnête de la part de notre confrère de revendiquer une partie de la terre du Kivu, ce qui impliquerait le Bushi (la terre du peuple Shi), notre terre.
    En effet, le confrère, avec une position assez tranchée dit : La vieille rengaine de la « balkanisation » a repris de plus belle depuis l’élection de Félix Tshisekedi, brandie par une opposition congolaise qui n’a aucun intérêt à ce que la paix revienne en RDC et qui attise la haine contre les Rwandais et les Congolais d’expression rwandaise. Une imposture pure et simple. Faudrait-il demander à un avocat et spécialiste de droits humain de surcroit de nous brandir les preuves de nos accusations envers le Rwanda ? Nous tenons à rappeler que Monsieur Tshilombo que le confrère appelle par son post-nom, Tshisekedi, n’avait pas gagné à l’élection présidentielle de 2018, que la CENI (Commission Electorale Nationale et Indépendante) n’a jamais publié les résultats de la dite élection et s’est juste arrêtée à la proclamation dans la nuit du 10 au 11 janvier 2019. Aussi, le confrère peut nous dire pourquoi l’opposition, ce qu’il confond avec notre nature actuelle qui est la résistance, aurait intérêt à ce que le pays soit en insécurité chronique ? Encore une accusation gratuite.
    Comme ci les accusations gratuites ne suffisaient pas, le confrère ajoute en cela de l’ignorance en disant que : Dans la région des Grands Lacs, le terme de « balkanisation » apparaît à la fin des années 1990, à l’époque des invasions de l’ex-Zaïre par le Rwanda et l’Ouganda. Les Zaïrois craignent alors que leurs deux voisins ne reprennent les territoires qui leur avaient autrefois appartenu avant le partage de l’Afrique. Il n’en sera rien. Nous allons informés à notre confrère que la République Démocratique du Congo, notre pays, est menacé de balkanisation depuis la nuit de temps. En effet, la conférence de Berlin a été organisé par Guillaume et Bismarck pour protéger leur cousin Léopold 2 de menaces de prise de terre (balkanisation) dont il était victime de la part du Portugal ( qui revendiquait la nationalité de celui qui découvert l’embouchure du fleuve Congo, Diego Cao), de l’Angleterre ( qui revendiquait la nationalité de Stanley et Livingston, propriétaires de recherche qui ont amené Léopold 2 au Congo) et de la France qui revendiquait la nationalité de Sarvogna de Brazza qui aurait été driblé par Stanley lorsque le grand chef coutumier, le roi MAKOKO, leur avait distribué ses terres se trouvant dans les deux rives du fleuve Congo, donc cher confrère, la balkanisation dans notre pays n’a pas apparu dans la période dont vous faites allusion.
    Nous somme vraiment consterné de vous lire, très cher confrère, lorsque vous dite que : Cette opposition préfère attiser la haine contre les rwandais et les congolais d’expression rwandaise afin de saper les efforts de rapprochement entre le Rwanda et la RDC. Nous rappelons à votre lanterne que les discours du président élu, Martin Fayulu Madidi, et celui du Cardinal Ambongo sur la balkanisation ont été prononcé après leurs visites respectives dans le territoire de Beni, comment faites-vous le lien entre ce territoire et le Rwanda ou les populations d’expression rwandaise ? Nous vous apprenons, cher confrère, que la terre où habitent les banyamulenges (le village d’Itombwe, dans les collines de Mulenge, dans le haut plateau de Minembwe) se trouve à sept (7) territoires de Beni, qui sont : le territoire d’Uvira, de Walungu (notre territoire), de Kabare, de Kalehe, de Masisi, de Rutshuru et de Lubero. Dites nous maintenant, cher maitre, quelle est cette population d’expression rwandaise qui était indexé par le cardinal et le président élu ? Par quel moyen le Rwanda, votre pays, peut être un danger pour la RDC, notre pays, par le territoire de BENI ? Et enfin, pourquoi ce n’est pas l’Ouganda, pays voisin de la RDC par le territoire de Beni et qui partage, avec nous, le peuple Nande-yra qui se sent indexer comme vous ? Pourrions nous dire « Qui se sent piquer connait l’affaire ? ».
    Encore plus loin, cher confrère, vous dites, nous ne savons pas si c’est par ignorance ou par mauvaise volonté que : Ceux qui parlent de balkanisation ne se sont visiblement jamais rendus à la frontière entre le Rwanda et la RDC, l’une des plus fréquentées au monde, pas plus qu’ils n’ont écouté le témoignage des vendeuses qui la traversent plusieurs fois par jour pour gagner leur vie. Au delà du faite que vous vous justifiez sans que l’on vous en demande, nous constatons que vous confondez le plan de balkanisation et le manque de bon voisinage, nous allons vous aider par la maïeutique, y avait il de problème au niveau de la frontière avant que la Crimée parte en Russie ? Y avait un problème de frontière pour que l’Abkasi et l’Oseti du sud soient retirés de la Géorgie ? Y avait-il un problème de frontière pour que le Yougoslavie soit émiettée ? Y avait-il un problème de frontière pour que le Soudan soit divisé en deux Etat ? Y avait il un problème de frontière pour que le Sud-Kasai, le Katanga et la Province Oriental quitte le Congo, notre pays, âpres l’indépendance ?
    Cher confrère, nous vous confirmons que notre pays, la République démocratique du Congo, est sous une menace perpétuelle et permanente de balkanisation et cela avant sa naissance, à Berlin en 1885, le peuple congolais fournit beaucoup d’effort pour lutter et résister face à ce fléau, et passer dans la presse pour minimiser sa portée est une insulte contre tout un peuple et nous ne pourrions jamais l’accepter.
    Les ennemis de la RDC pilulent de partout et dans l’alerte lancée par le président élu et le cardinal, pour allumer la flamme de la conscience populaire afin de nous mobiliser comme un seul homme, il n’ya pas le Rwanda dans la ligne de mur mais plutôt tout Etat qui participera à une action consistant à prendre un morceau de notre territoire, y compris le Rwanda si il se comporte de la sorte. De ce fait, il n’est pas opportun de se distinguer dans les déviations sur l’histoire de la région ainsi que la déformation de la vérité sur l’étendue de chaque territoire afin de justifier une action de conquête future, nous n’accepterons jamais cela.
    Le peuple congolais n’a jamais été animé d’un esprit hégémonique envers ses voisins depuis la nuit de temps, bien au contraire, ce sont nos voisins qui excellent dans cette pratique néo coloniale. En effet, même avant que nous soyons un pays aussi vaste, nos royaumes traditionnels ont subit les attaques des voisins avec comme objectif leurs annexions, et, nous, nous sommes toujours défendu comme de grands et braves garçons.
    En conclusion, dans les lignes qui suivent, nous vous faisons un aperçu de tentatives d’annexion que le royaume traditionnel que j’appartiens, les Bashi, ont subit du royaume traditionnel dont vous appartenez, pour vous prouver que votre affolement actuel délivre un message fort à nous et à toute la communauté internationale.
    CINQ SIÈCLES DES GUERRES ENTRE LA DYNASTIE RWANDAISE ET LE ROYAUME SHI, voici les résumés de ces guerres entre le Shi et les Rwandais:
  1. La première guerre (1388 après JC)
    La première guerre armée du Rwanda contre le Bushi date du règne de Mwami NSORO Ier quand le Mwami NNABUSHI KAMOME régnait sur le Bushi (la terre du peuple Shi). En effet, les rwandais franchirent la RUZIZI et razzièrent le Bushi jusqu’à CIRUNGA. Les Forces Armées du Bushi eurent la bonne fortune de repousser rapidement les envahisseurs. Ils achevèrent tous ceux qui s’étaient les envahisseurs comme les mouches.
    Le chef Rwandais NDAHIRO II et de RUGANZU II sont abattus et l’emblème du pouvoir royal rwandais (le tambour) emporté par les Shi.
  2. La deuxième guerre (1604-1610 après JC)
    Environ 3 siècle après, le Roi KIGELI II NYAMUHESHERA du Rwanda voulut à tout prix venger les défaites qui avaient été infligées à ses grands-parents par les BASHI, lança une attaque contre le bushi, mais son armée fut encerclée et entièrement anéantie par les KABERA de Nabushi.
  3. La troisième guerre (1766-1770 après JC)
    Alexis KAGAME, un historien Rwandais de renom, retient que l’armée rwandaise avait subi un échec retentissant et le Commandant en chef de l’expédition, le nommé KIMANA, fils de KABAJYONJYA, fut tué.
    Les rwandais réussiront au nord du Bushi à tuer le Roi du BUHUNDE (actuelle territoire de Masisi et Goma) qui deviendra un Etat tributaire du Rwanda.
  4. Les guerres de RWABUGIRI KIGELI IV au Bushi (1873 après JC)
    Pour Rwabugiri, les défaites subies par ces ancêtres et l’emblème du Rwanda qui restait dans les mains de Shi, était une honte pour le peuple rwandais qu’il fallait laver par tous les moyens.
    L’objectif principal de Rwabugiri était d’abord la conquête du Bushi qu’il considérait comme étant le grand rival qui pouvait, une fois conquis, permettre la soumission de tous les Etats de l’Ouest du Lac Kivu. Le commandant rwandais RWANYONGA triomphera des Shi, Le Mwami Rutaganda du Bushi se replia à Luhwinja. Les Banyarwanda vont installer leur quartier général dans le Bushi central à MBIZA (Kabare).
    La contre-offensive de l’armée Shi conduite par MUTARUHA fut foudroyante, Rwabugiri voyant qu’il était incapable d’arrêter l’avancée des Shi, traversa le Lac Kivu et s’en alla organiser chez lui, au Rwanda, une année de deuil en mémoire de ses soldats tués au Bushi. Les Shi vont traverser la frontière pour occuper un vaste territoire du Rwanda.
    C’est au cours de la guerre de Cirhogole que le roi rwandais RWABUGIRI trouvera la mort dans sa fuite vers l’île Ibindja. L’Abbé Kagame, historien rwandais de renom ajoute que « Les Rwandais appellent ce pays « Bunyabungo » et les habitants « Banyabungo » pour dire « Pays fort » et « guerriers courageux ». C’est ça l’origine du l’appellation « Banyabungo » comme surnom à tous les BASHI.
    De cette longue histoire des guerres entre les rwandais et nous, les Shi, on ne retient que la victoire des Shi et les rwandais l’avait reconnu jusqu’en nous surnommant  » Banyabungo », nom par lequel nos frères lega préfèrent nous appeler. Parfois il nous arrive de nous demander si les guerres que le Rwanda nous impose, d’abord de manière apparente et après sournoisement, depuis deux décennies ne sont pas une suite logique de ces revers subit durant des siècles.
    Un jour, le professeur Cirhalwira (Cira), notable de Bukavu, avait dit sur la radio Maendeleo de Bukavu ceci: « ils n’ont pas encore digéré les défaites subi durant des siècles, et veulent se venger contre nous, mais nous sommes un peuple guerrier qu’on ne pourra jamais vaincre ».
    Les fais historiques doivent nous servir de leçon pour construire un avenir meilleure pour tous, les peuples de la sous région. Nous devons assumer notre histoire, cher confrère, nos réussites et nos échecs du passé, et non pas nourrir nos peuples des idées dévastatrices comme celles qu’on entend ici et là comme quoi le Rwanda ancien s’étendait jusqu’à la rivière Elila et Lowa, plus loin à l’intérieur du Kivu. C’est une folie, car le bushi, le seul territoire du Sud-Kivu frontalier du Rwanda n’avait jamais été conquis par la dynastie rwandaise.
    Si cette conquête avait réussi, pendant un moment donné, au Nord-Kivu, précisément dans le pays de Bahunde, ça n’avait jamais arrivé au Sud-Kivu, ni au delà de buhunde qui comprend l’actuel Rutshuru et Masisi. Et même, à un moment donné de l’histoire, cet espace était conquis avant d’être repris par ses propriétaires.
    Si nous sommes juste envers nous même et que nous privilégions la paix dans la sous région, pourquoi aller, par exemple, jusqu’à revendiquer une « seconde conférence de Berlin » ? Non, non et non ; Assumons notre histoire.
    Construisons la paix sur base de la vérité ! Nous disons NON à la balkanisation, nous sommes forts pour défendre notre pays, aucun millimètre nous sera ôter, le Congo est uni et indivisible, NON à la tangibilité de nos frontières et OUI au respect du principe, de droit international africain, de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation.