RDC: La Lucha dépeint le côté sombre du processus électoral au pays

RDC: La Lucha dépeint le côté sombre du processus électoral au pays

24 janvier 2023 0 Par Grandjournalcd.net

La LUCHA (Lutte pour le Changement) un mouvement citoyen non-partisan et non-violent réunissant des citoyens de la République Démocratique du Congo a rendu public un rapport détaillé sur l’évolution du pays au quatrième anniversaire du règne de Félix Tshisekedi, le président de la République démocratique du Congo.

Les élections démocratiques en RDC ont été abordées dans ce rapport de la Lucha, paru en janvier 2023 surtout dans l’onglet correctionnel que devaient subir les réformes de la loi organique.

La Lucha constate que depuis que la RDC a renoué avec les élections dites démocratiques en 2006, les
expériences se suivent et se ressemblent. Au terme de chaque processus électoral,
les résultats sont contestés du fait du manque de transparence et d’inclusivité qui
ne rassurent pas tous les candidats.

Évoquant l’électorat de 2006, 2011 et 2018 ce mouvement citoyen se référant aux rapports d’observa-
tion électorale des organisations indépendantes voire les partis de l’opposition fustigent le surlignage
d’importants dysfonctionnements logistiques et même au plan de la
conformité légale.

Comme l’exige la loi,la publication de
résultats par bureau de vote, à l’électorat de 2018 n’a pas eu lieu, chose qui a enfumé la lumière autour de ce scrutin à tous les niveaux de la présidentielle aux sénatoriales, ce qui s’est fait prouver par des marches des contestations dont certains ont conduit à la mort d’hommes dans plusieurs provinces.

Lors de son ascension à la présidence le Chef de l’Etat congolais s’est montré préoccupé par cette situation et a entrepris un rôle politique pour pousser à des réformes afin d’améliorer le processus électoral en ramenant la présidentielle à deux tours et supprimer le suffrage indirect à l’élection de
gouverneurs.

Des promesses qui ne se sont toujours pas réalisées et ne le seront jamais, se plaint la Lucha qui ajoute qu’
« au fil du temps, le rôle politique du président sera plus qu’étonnant. Au moment
où son action était attendue pour doter au pays un cadre électoral censé le mettre
sur une cheminée démocratique à même de réduire les crises politiques qui fragilisent les institutions de la République. »

Et d’ajouter

« Prétextant de jouer à la neutralité et de non-ingérence dans le renouvèlement des membres de la commission électorale voire
à l’étape des réformes, le président de la république a simplement laissé faire un
processus qui allait dans le sens de garantir ses intérêts politiques ou lui assurer
une réélection certaine plutôt qu’en faire usage pour doter au pays un cadre des
élections qui assurent au pays une démocratie solide et vibrante. »

Se rappelant de tous les gymnastiques qui ont accompagné la nomination rejetée de Ronsard Malonda comme président de la CENI commençant par des contestations de la population et des confessions religieuses, la Lucha félicite l’implication du chef de l’État pour avoir rejeté celui que le pays considérait comme pion du FCC.

Contrairement au précèdent processus, le président de la République
s’était mis délibérément en retrait et a laissé faire un processus qui ne menaçait
plus ses intérêts politiques. Il s’est clairement montré favorable au processus ayant conduit au choix de Denis Kadima.

Le rapport de la Lucha ne voit pas claire la situation des réformes électorals, et qualifie l’actuelle loi organique de taillée sur mesure.

« A ce stade le président laisse faire le débat « démocratique » au parlement
sans chercher à faire passer son agenda de réformes. Le débat aboutira au rejet
catégorique des réformes innovantes et nécessaires proposées par le G13 et soutenu par la société civile. La loi organique a été taillée sur mesure pour servir les
intérêts autres que ceux de la nation. Elle nous a aussi éloignés de toute la volonté
affichée par Felix Tshisekedi de corriger les erreurs qui hantent les élections au Congo depuis 2006. » Se plaint la Lucha qui voit incertain ce processus dont le calendrier électoral est assortie d’une panoplie des contraintes qui peuvent retarder le processus électoral. Lesquelles contraintes évoquent par exemple la situation
sécuritaire dans l’Est et le financement.

Malgré les assurances du gouvernement de financer les élections, la Lucha pense qu' » il semble
sous-estimer son rôle qui est sollicité au-delà de l’aspect financier: Les contraintes
mises en avant par la CENI et sur lesquelles il y a trop peu d’efforts du gouvernement, appellent à l’action urgente du Président de la République afin de permettre
la tenue des élections dans le délai constitutionnel. « 

Les congolais très volontiers de se rendre aux urnes pullulent comme des oiseaux aux centres d’inscription depuis le lancement de l’opération d’enrôlement le 24 décembre décembre dernier dans la première aire opérationnelle constituée de 10 province dont la ville de Kinshasa.

La Lucha pense que les élections auront du mal à respecter le calendrier vu l’irréalisme des objectifs de la CENI d’enrôler 50 millions des congolais suite à plusieurs irrégularités entachant déjà le processus d’enrôlement comme on peut le lire dans les rapports de certaines missions d’observations électorales.

Le rapport de la Lucha note ce qui suit:

 » A Kinshasa par exemple, on peut noter quelques difficultés
assorties de pathologies : l’insuffisance des centres d’Inscription CI et Kit d’enrôlement (machines) dans certains coins, non-respect de l’heure d’ouverture et de fermeture des Centre d’enrôlement dans plusieurs Centre d’Inscription CI ; le monnayage de l’accès au CI, l’incompétence dans le chef des opérateurs de saisie »

La Lucha reste cependant sceptique quant au respect du calendrier électoral publié par la CENI suite aux différentes contraintes surtout liées à la situation sécuritaire en RDC

« Les inquiétudes demeurent et les doutes planent sur le respect du calendrier
électoral tel que publié par la CENI fixant les élections générales au 20 décembre 2023, l’attente du plan stratégique de sécurisation du processus, la cartographie opérationnelle du processus restent un mythe. » Conclut ce rapport

Jonathan Bukasa Muamba