RDC : Des prestataires de santé formés sur le diagnostic et la prise en charge de l’endométriose

RDC : Des prestataires de santé formés sur le diagnostic et la prise en charge de l’endométriose

15 août 2022 0 Par Grandjournalcd.net

Une matinée de formation sur l’endométriose pratique, du diagnostic à la prise en charge a été organisée samedi 13 août dernier à Kinshasa par la Fondation Daemmi Berlinde (Fodab).

Objectif, permettre aux spécialistes, gynécologues, radiologues, infirmières, sages femmes de maîtriser l’ensemble des connaissances actuelles liées à l’endométriose et d’améliorer la prise en charge et l’accompagnement des patientes.

« Nous savons que le médecin a un rôle très important dans la prise en charge de l’endométriose. L’objectif de cette formation était sensibiliser les médecins sur la manière de reconnaître la maladie en posant des diagnostics, traiter l’endométriose mais aussi les sensibiliser sur cette maladie », a dit le professeur Emmanuel Nzau Ngoma, fondateur de la Fodab.

Nécessité d’une prise en charge des patientes

Dans son exposé, le Dr Emmanuel Nzau a aussi martelé sur l’insuffisance de la prise en charge de l’endométriose en RDC.

« Nous avons parlé de la problématique de la prise en charge qui est colorée essentiellement par certaine facteurs : l’absence de l’information au niveau communautaire, l’absence des compétences des médecins, l’absence des recherches. Il faudra une sensibilisation de la population en général. Il faut informer le public sur l’endométriose, comment elle se manifeste et ce qu’il faut faire en cas de symptômes. La sensibilisée à l’importance de diagnostiquer la maladie le plus tôt possible. Notre rêve en tant que Fodab, est que l’endométriose soit connue et que les prestataires de santé soient formés », a t-il insisté.

Toutes fois, le Dr E. Nzau précise qu’il n’existe à ce jour, aucun traitement définitif de l’endométriose, même si l’hormonothérapie et/ou la chirurgie peuvent endiguer l’évolution de cette maladie selon les cas.

Prenant part à cette formation, Dr Baron Kalenga, assistant senior aux cliniques universitaires de Kinshasa, a encouragé la Fodab à former aussi les médecins de la périphérie.

Lors de cette formation, un examen en live d’une échographie d’une patiente avait été réalisé.

Rappelons que, la Fodab a entre-autres pour objectifs d’assurer le renforcement des capacités des prestataires en matière d’endoscopie quelle que soit la spécialité, faciliter l’acquisition du plateau technique pour la pratique endoscopique et favoriser l’accès aux soins endoscopiques.

Zoom sur l’endométriose !

L’endométriose est une maladie gynécologique chronique incurable qui touche plus d’une femme sur dix en âge de procréer et entraîne dans 25 à 50 % des cas, une infertilité. 180 millions de femmes dans le monde sont concernées et pourtant, elle reste encore méconnue du grand public.

Cette pathologie résulte du mauvais fonctionnement de l’endomètre, le tissu qui tapisse l’utérus. D’ordinaire, lors du cycle menstruel, l’endomètre s’épaissit en vue d’une potentielle grossesse et s’il n’y a pas fécondation, se désintègre et saigne, ce qui provoque les règles.

Mais chez certaines femmes, le tissu endométrial et le sang font le chemin inverse en remontant vers les trompes, jusqu’à s’étendre dans la cavité du ventre aux appareils urinaire, digestif, et parfois même pulmonaire. Cette migration entraîne alors des lésions internes, des saignements abondants et de très fortes douleurs.

Les mécanismes qui conduisent à l’endométriose restent mal connus. Plusieurs théories existent pour expliquer l’apparition de cette maladie, sans qu’aucune n’expliquent totalement toutes les formes de la maladie. Etant donné que les symptômes varient suivant le type d’atteinte et les divers organes touchés, les complications telles que les adhérences et les cicatrices provoquent des douleurs qui deviennent indépendantes du cycle, le tableau clinique de l’endométriose est au final très polymorphe. Elle varie tellement d’une femme à une autre, que l’on parle de plusieurs endométrioses.

L’endométriose se manifeste d’abord par des douleurs pelviennes et abdominales très fortes au moment des règles. Puis elle provoque presque toujours des troubles qui sont initialement assez légers et deviennent de plus en plus intenses, parfois même intolérables. Au début de la maladie, les douleurs surviennent essentiellement pendant les règles ou seulement dans des situations particulières, par exemple après un rapport sexuel, lors des mictions ou des défécations. Une autre manifestation de l’endométriose qui amène les malades à consulter, est la souffrance lors des rapports sexuels (dyspareunie). La particularité de ces dyspareunies est qu’elles ont tendance à durer. La maladie peut aussi rester silencieuse (asymptomatique) pendant longtemps. Elle est alors découverte lorsque la jeune femme ne parvient pas à concevoir d’enfant naturellement.

Dan de Dieu KAYANDA