RDC : « Le Monkeypox, un tueur silencieux et méconnu » [Professeur Justin Masumu]

RDC : « Le Monkeypox, un tueur silencieux et méconnu » [Professeur Justin Masumu]

29 mai 2022 0 Par Grandjournalcd.net

En 2020, l’OMS a déclaré 4594 cas suspects de Monkeypox avec 171 décès. Le 08 Mai dernier, plusieurs cas ont été signalés en République démocratique du Congo, avec possibilité de s’alourdir, si des mesures drastiques ne sont pas prises.

A travers une interview accordée à la rédaction de www.grandjournalcd.net, Justin Masumu, doyen à la faculté vétérinaire de l’université pédagogique nationale, coordonnateur du centre interdisciplinaire de gestion du risque sanitaire et chercheur à l’institut national de recherche biomédicale et au laboratoire vétérinaire central a tiré la sonnette sur cette maladie zoonotique vesicu-pustuleuse.

Rédaction Grandjournalcd.net (Grandjournalcd.net) : Qu’est-ce que le monkeypox ?
Justin Masumu (JM) : le monkeypox tire son origine de la langue anglaise. Monkey veut dire singe, et Pox renvoie à variole. Vous avez encore en mémoire la variole qui a été éradiquée dans le monde, une variole qui avait sévi pendant plusieurs décennies. Le monkeypox  a surgi parce qu’on avait arrêté la fabrication du vaccin de la maladie qui rongeait le monde, car ce vaccin là protégeait aussi contre le monkeypox. Et depuis qu’on a arrêté avec la vaccination contre la variole surtout pour ceux qui sont nés après 1980, le cas de monkeypox a augmenté. Le monkeypox est une maladie des animaux plus précisément des singes. Le singe et l’homme sont des victimes du monkeypox. Les rongeurs, les écureuils, les rats sont d’après nos recherches des animaux qui portent le virus. Le singe attrape le virus, il le développe à son tour comme l’homme, et quand l’homme entre en contact avec le singe ou avec ses réservoirs, c’est à lors qu’ils développent cette maladie qui est comme effectivement comme la variole. Le Monkeypox, un tueur silencieux et méconnu

Rédaction Grandjournalcd.net (Grandjournalcd.net) : par quel signe clinique peut-on reconnaitre que nous avons été touchés ?
Justin Masumu (JM) : Le signe clinique est comme la variole,  donc, vous allez voir les boutons sur le corps. Le monkeypox se confond avec la varicelle aussi. Tout commence par une fièvre, et quelques jours après, le virus apparait sous formes des boutons.
Dans la plupart des cas, cette maladie n’est pas grave. Mais dans certains cas, elle devient grave car nous avons des deux souches, celle de l’Afrique de l’ouest qui est moins grave et fait moins des décès, et celle de l’Afrique centrale avec plus morts.
Rédaction Grandjournalcd.net (Grandjournalcd.net) : Comment est-ce que la maladie s’est répandue dans le pays ?
Justin Masumu (JM) : le monkeypox est aussi dans les régions qu’on ne pouvait pas imaginer. Nous savons seulement que la maladie part des animaux, des rongeurs, puis des signes. Mais des plus en plus, on sait que la maladie peut aussi être transmise d’une personne à une autre par contact direct, et aussi par contact des objets souillés. Cette maladie sévi dans les milieux reculés et voilà pourquoi on la qualifie de maladie orpheline, parce que, il y’a peu des partenaires. Avant, nous connaissions cette maladie au Sankuru, à la Tshopo, à la Tshuapa, à l’Équateur, au Mayindombe. Alors qu’actuellement, il y’a le Maniema, le Kwilu, il y’a plus des 20 provinces qui sont maintenant endémique elle part d’une province à une autre. Le mieux à faire est celle des recherches sur cette maladie.

Rédaction Grandjournalcd.net (Grandjournalcd.net) : le pays compte combien des cas actuellement ?
Justin Masumu (JM) : le pays est frappé par cette maladie. Il y’a sous rapportage parce que il y’a des cas qu’on ne peut pas identifier, par manque des cibles. Deuxièmement, parce que les populations dans les milieux ruraux fréquentent des moins en moins les structures médicales et ne sont pas informés de l’existence de cette maladie.

Rédaction Grandjournalcd.net (Grandjournalcd.net) : quant est-il de la prise en charge ?
Justin Masumu (JM) : la prise en charge est symptomatique comme la plupart des virus n’ont pas des médicaments. On traite les malades sur base des symptômes.
Ce que nous craignons le plus se sont les surinfections parce que là on a des plaies. Au niveau de la plaie, les batteries peuvent en profiter pour infecter la plaie et là on donne des antibiotiques. En fonction de la localisation, le médecin va traiter pour soulager les malades. Voilà ce qu’on appelle traitement symptomatique : pour ce dont la maladie n’est pas grave, ces personnes contractent le virus et le corps peut éliminer le virus. Pendant la période fébrile, on donne des produits contre la fièvre.

Rédaction Grandjournalcd.net (Grandjournalcd.net) : qu’attendez-vous du gouvernement ?
Justin Masumu (JM) : Je pense que nous devons bien comprendre la situation épidémiologique. Peut-être que les 26 provinces seront touchés. Nous devons d’abord intervenir dans les zones que la maladie est endémique, c’est à dire commencer la riposte là ou il faut, il faut mener des investigations.
Nous demandons au gouvernement de faire que cette maladie soit considérée comme Ebola. Que les partenaires qui soutiennent le ministère de la santé nous soutienne aussi car beaucoup n’en connaisse pas.

Interview réalisé par Dan de Dieu KAYANDA