Lutte contre la drogue en RDC : le Gouvernement invité à sensibiliser les communautés

Lutte contre la drogue en RDC : le Gouvernement invité à sensibiliser les communautés

10 mai 2022 0 Par Grandjournalcd.net

Le ministère de la santé publique, hygiène et prévention, à travers son programme de lutte contre les toxicomanies et autres substances toxiques a lors d’une conférence de presse tenue ce lundi à Kinshasa, présenté les résultats des analyses de l’échantillon de la fameuse drogue «Bombé » ainsi que les résultats de pré-étude de cartographie des organisations œuvrant dans la lutte contre l’abus de drogues dans la ville de Kinshasa.

S’agissant des résultats des analyses de l’échantillon, la drogue Bombé se présente sous deux formes : la forme sniffer et la forme injectable. Sa consommation est fréquente dans le milieu des jeunes qui font des travaux lourds.

D’après Patrice Milambo, directeur du Programme National de Lutte Contre les toxicomanies et les substances Toxiques (PNLCT), l’enquête réalisé par son organisation auprès des toxicomanes révèle que la consommation de bombé est à la base de l’inertie, la somnolence, la désorientation temporo spatiale et engendre une forte dépendance.

Pour le représentant pays The Word Federation Against Drugs (WFAD), francisé, la fédération mondiale de lutte contre la drogue, la consommation de drogues, illicites, menace l’existence de familles, de communautés et des institutions gouvernementales stables dans le monde entier. L’heure est désormais à la sensibilisation de l’opinion face aux méfaits à long et à moyen terme.

« La toxicomanie se développe de façon inquiétante en RDC en raison de la consommation excessive de l’alcool et de toutes sortes de drogues émergentes dont la fameuse drogue ‘’Bombé’’, une substance psychoactive apparue il y’a peu de temps mais dont la consommation, particulièrement toxique, se répand dangereusement parmi les jeunes à Kinshasa. L’activité d’aujourd’hui était pour présenter deux résultats clés que nous avons pu avoir à travers des analyses en laboratoires de la fameuse drogue artisanale qui a défrayé la chronique. Avec le PNLCT, nous avons décidé de pouvoir envoyer un échantillon en laboratoire pour analyser le contenu et savoir de quoi est constituée la drogue Bombé et par la suite, étudier les méfaits et voir comment apporter des réponses à la consommation de cette drogue. Le deuxième objectif était de présenter les résultats d’une pré-étude que nous avons menée grâce au financement de la plateforme suédoise Forum Civ. Cette pré-étude a fait la cartographie des organisations opérant dans la lutte contre l’abus de drogue dans quelques communes de Kinshasa. Nous avons menées cette étude dans 5 communes dont Makala, Ngaliema, Kinshasa, Selembao et Barumbu. Il y’a urgence de sensibiliser l’opinion et de mener des plaidoyers auprès des institutions et des autorités à tous les niveaux pour mettre fin à la consommation de cette drogue dont les méfaits à moyen et à long terme sur le cops humain demeurent encore inconnus » a résumé Dandy Yela, représentant pays de la Wfad en RDC.

Rapport de la pré-étude sur la cartographie des organisations opérant dans la lutte contre l’abus de drogues à Kinshasa

Présenté par le Professeur Raoul Kienge, 5 sites avaient été choisi pour cette pré-étude à savoir : la commune de Makala compte 10 organisations, Ngalemla 9, Kinshasa 5, Selemnao 3 et Barumbu 7 pour un total de 34 organisations.

Parmi ces 34 organisations identifiées, 66% ont la forme d’organisations non gouvernementales (ONG), tandis que 17% sont des associations sans but lucratif à caractère socio-culturel, et les autres 17% sont constituées d’organisations confessionnelles (14%) ainsi que des fondations (3%).

Il se dégage de ce rapport que le travail des politiques publiques et de plaidoyer est le domaine le moins exploité par les organisations identifiées (29%) probablement par manque de compétences spécifiques et de ressources.

L’implication des autorités politico-administratives et l’appui du Programme National de lutte contre les Toxicomanies et des Substances Toxiques (PNLCT) est impérativement attendue pour lui permettre de mener les interventions ciblées.

Cette étude a été financée par l’organisation suédoise Forum Civ par l’entremise de la Wfad et menée en collaboration avec le ministère de la santé publique à travers le programme national de lutte contre la toxicomanie, l’université de Kinshasa par l’école de criminologie, et l’ONG Interactions RDC.

Dan de Dieu KAYANDA