Afrique/Economie : De l’importance des banques multilatérales pour les économies africaines [Tribune de M. SIDI OULD TAH, Directeur général de la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique]

Afrique/Economie : De l’importance des banques multilatérales pour les économies africaines [Tribune de M. SIDI OULD TAH, Directeur général de la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique]

10 mai 2022 0 Par Grandjournalcd.net

Cette réflexion ou tribune a été faite par M. SIDI OULD TAH, Directeur général de la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA) dans le site Forbes Afrique. Dans cette tribune, le DG de BADEA évoque l’importance des institutions bancaires multilatérales pour les économies du continent.

Pour M. SIDI OULD TAH, presque toutes les économies du monde reposent sur un équilibre délicat entre les entrées et les sorties de capitaux. Pour les économies d’Afrique subsaharienne, cet équilibre est particulièrement important. Historiquement, la plupart des pays en développement se sont appuyés sur des partenaires de développement qui sont parfois d’autres pays amis, mais la plupart du temps des banques multilatérales de développement (BMD). Affrime le DG de la BADEA.

Les BMD sont des partenaires de développement privilégiés, principalement en raison de leur modèle d’affaires qui garantit des flux de trésorerie nets positifs pour leurs pays bénéficiaires, car les nouvelles approbations de prêts et les décaissements dépassent largement les remboursements. Les BMD sont des institutions financières internationales créées par des traités, avec un actionnariat souverain et des profils financiers extrêmement solides, qui sont le résultat des synergies de l’actionnariat combiné de plusieurs pays, soutient-il.

Selon M. SIDI OULD TAH, à titre d’exemple, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), qui compte 18 actionnaires souverains – membres de la Ligue des États arabes – a récemment reçu une notation Aa2, la troisième note la plus élevée sur l’échelle de Moody’s, qui est de neuf crans plus forte que la moyenne pondérée des notations de ses actionnaires. Par conséquent, il est clair que lorsque les gouvernements s’unissent pour établir des banques multilatérales, ils créent des institutions avec des profils financiers nettement plus solides que les leurs, ce qui procure de nombreux avantages.

A en croire M SIDI OULD TAH, l’un de ces avantages est la capacité des BMD à tirer profit de leurs solides profils financiers pour mobiliser des financements à long terme, à des taux très compétitifs, qui leur permettent de soutenir leurs pays membres en finançant leurs projets de développement, ou en leur fournissant des garanties ou d’autres instruments financiers. Ainsi, les BMD sont en mesure de consentir des prêts et des garanties à leurs pays membres pour l’équivalent de plusieurs multiples du capital reçu de ceux-ci. C’est cet effet multiplicateur qui distingue les BMD en tant que partenaires de développement privilégiés.

Mais, si la plupart des BMD financent uniquement les pays actionnaires, quelques rares BMD, dont la BADEA, se distinguent parleur mandat altruiste, qui destine leurs financements de manière exclusive à des pays non membres, dans le cadre d’une approche de solidarité. Ainsi, la BADEA a été créée par des pays arabes pour servir exclusivement les pays africains non membres de la Ligues des États arabes, avec comme objectif le renforcement de la coopération économique, financière et technique entre les régions arabe et africaine, et l’incarnation de la solidarité arabo-africaine sur des bases d’égalité et d’amitié ; renchéri M. SIDI OULD TAH.
Poursuivant, M SIDI OULD TAH pense que, dans le cadre de sa stratégie (BADEA 2030), les infrastructures, l’entrepreneuriat et le développement des chaînes de valeur agricoles sont, avec le développement du secteur privé et du commerce et le renforcement des capacités, les axes stratégiques d’intervention. Une attention particulière est accordée aux secteurs sous-financés tels que les petites et moyennes entreprises (PME), les entreprises appartenant à des femmes et/ou dirigées par des femmes.

En somme, forte d’une expérience de quarante-huit ans sur le marché africain, et de l’engagement de ses partenaires, en particulier au sein du Groupe des institutions de financement arabes, la BADEA est déterminée plus que jamais à mettre à profit sa nouvelle notation pour mobiliser davantage de ressources et continuer à activement jouer son rôle de catalyseur des financements pour l’Afrique subsaharienne, conclu M. SIDI OULD TAH


Wilfrid Lawilla (Sources : Forbes Afrique)