RDC / 100 jours des Warriors : “ Tout est à refaire ”, selon Moïse Katumbi

RDC / 100 jours des Warriors : “ Tout est à refaire ”, selon Moïse Katumbi

20 août 2021 0 Par Grandjournalcd.net

L’ ancien gouverneur du Katanga s’est prononcé sur plusieurs sujets d’actualités du pays notamment la situation de l’État de siège, décrété dans la partie orientale du pays ; la loi Tshiani ; ses relations avec Félix Tshisekedi et Joseph Kabila au cours d’une interview avec nos confrères de Jeune Afrique.




Au sujet de 100 jours du gouvernement Jean-Michel Sama Lukonde, Moïse Katumbi estime que beaucoup des choses sont à refaire.

« Parler des cent jours n’a, selon moi, aucun sens. C’est un concept essentiellement médiatique. La RDC est un pays à terre, où tout est à refaire. Il faut donner du temps à ce gouvernement. Nous ferons le bilan au bout d’un an ou deux » a-t-il estimé.

Et d’ajouter, « Pour ce qui est de l’Union sacrée en elle-même, il nous manque pour l’instant un cadre de concertation collectif. Nous n’avons d’ailleurs eu aucune réunion qui nous aurait permis de jauger l’efficacité de notre action » a-t-il précisé.

Au sujet de l’État de siège décrété depuis quelques mois à Ituri et Nord-Kivu, le président d’Ensemble pour la République n’a pas donné sa langue au chat.

« Il faut voir ce qui a été bien fait et ce qui ne marche pas. Chaque jour ou presque, on déplore des morts. C’est donc que le problème persiste et nous devons accepter d’en parler entre nous, même si cela gêne certaines personnes » a-t-il insisté lors de cet interview.

Cet ancien cadre du PPRD fait également allusion à la justice congolaise qui doit être indépendante.

« La justice doit être indépendante et non pas instrumentalisée, en particulier à des fins politiques. C’est ce que nous avions dénoncé avec l’union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) quand nous étions ensemble dans l’opposition. La justice ne peut pas se montrer sélective, il faut mettre un terme à la chasse aux sorcières.
Soyons clairs : il est important que les méfaits commis soient jugés. Pour autant, s’il faut condamner, il faut aussi savoir pardonner. La place des Congolais est au Congo. On ne peut se réjouir d’en voir prendre la route de l’exil, quoi qu’ils aient fait. Cela vaut pour Kikaya Bin Karubi, John Numbi, Kalev Mutond et les autres » dit Moïse Katumbi.

Dans son échange avec Jeune Afrique, Moïse Katumbi affirme de ne pas regretter d’avoir pris part aux consulté l’Union Sacrée.

S’agissant de la loi sur la congolité, le patron d’Ensemble pour la République confirme qu’il n’accuse pas le pouvoir en place mais une frange de membres de l’Union Sacrée.

« Je ne peux pas accuser le pouvoir en place, mais je peux accuser une partie de l’Union sacrée, parce que ce projet de loi est porté par un député issu de ses rangs. La RDC de 2021 n’a pas besoin d’une loi comme celles qui furent votées en Afrique du Sud dans les années 1940. Notre pays ne s’honorerait pas à être le seul au monde à adopter un texte raciste, ségrégationniste et inconstitutionnel ».

Il menace de quitter l’Union Sacrée si cette loi est débattue au parlement.

« Il s’agit clairement d’une ligne rouge. Si elle venait à être ne serait-ce que programmée pour être débattue au parlement, nous quitterons la majorité » a-t-il dit.

Au cours cette interview Moïse Katumbi a noté qu’il n’ a pas de problème avec L’ancien président de la République Joseph Kabila.

Patrice NTANGA