RDC : Faux! Matata Ponyo n’a jamais détourné les 8 milions destinés à l’acquisition de la machine UBM

RDC : Faux! Matata Ponyo n’a jamais détourné les 8 milions destinés à l’acquisition de la machine UBM

19 mai 2021 0 Par Grandjournalcd.net

L’affaire Bukanga lonzo ne finit plus de faire les choux gras de la presse et des internautes congolais congolais. De plus en plus, l’enquête de l’inspection générale des finances, à la base de cette polémiques semble contenir plus de contre-vérités après autant de mois passés par ses auditeurs sur ce projet.

C’est le moins qu’on puisse dire à la lumière de cet extrait du discours de l’ancien premier ministre face à ses collègues sénateurs.

A ce discours s’ajoutent plusieurs documents consultés par notre rédaction qui contredisent ou complètent les conclusions visiblement erronées de l’IGF qui a trouvé en la personne de Matata « le raccourci parfait », dira-t-on.

  • Matata Ponyo est accusé de détourner 8 millions USD destinés à l’acquisition de la machine UBM. Pourtant, la lettre du ministre de l’industrie datant du 27 mars 2019 confirme que la machine UBM a été achetée.
  • La femme ou les frères du premier ministre honoraire n’ont jamais été impliqués dans le projet du parc Agro-industriel de Bukanga Lonzo. L’IGF l’affirme mais ne sait par contre le prouver.

Pour une meilleure édification, nous avons sélectionné un extrait du discours du sénateur que nous proposons de lire dans les lignes qui suivent.

A. D’abord des incohérences :

  • Première incohérence. En tant que Premier Ministre, Chef du Gouvernement, j’avais effectivement donné une impulsion pour la mise en œuvre de ce projet. De ce fait, il arrivait que je m’y implique par moment. Cela explique notamment le fait que, en son temps, j’avais personnellement demandé au Ministre de l’Agriculture et Développement Rural, au Ministre de l’Industrie, Petites et Moyennes Entreprises; au Ministre Portefeuille, au Ministre Délégué auprès du Premier Ministre, Chargé des Finances, d’examiner la proposition du Contrat de gestion du Partenaire retenu pour assurer la gestion financière et technique de ce projet. Donc, tous les ministres signataires du Contrat étaient impliqués à de degrés divers dans la préparation de ce projet.

Cet acte d’impulsion est présenté dans les multiples points de presse de l’IGF ou de ses services comme étant la preuve que j’étais le concepteur et le planificateur du projet de Bukanga Lonzo, et donc cela le conduit à conclure que je suis l’auteur intellectuel de la débâcle de Bukanga Lonzo. Et pour appuyer cette conclusion, dans le même rapport, l’IGF affirme que la mise en œuvre du projet Bukanga Lonzo n’a jamais bénéficié d’une étude de faisabilité !

Pourtant la documentation prouve à suffisance que le projet Bukanga Lonzo a bénéficié de plusieurs études avant sa mise en œuvre. Plus important encore, ces études ne furent réalisées ni par le Premier Ministre, ni par la Primature.

Le fait de donner l’impulsion fait de moi le concepteur et le planificateur du projet, une astuce utilisée pour faire un raccordement avec un éventuel détournement qui m’aurait profité?

  • Deuxième incohérence. Le projet du Parc Agro-Industriel de Bukanga Lonzo était effectivement lancé en juillet 2014.

Quelques jours après, en août 2014, j’avais pris l’initiative de demander au Ministère des Finances, le ministre délégué, de préparer un appel d’offre pour qu’un cabinet d’audit externe et indépendant soit recruté pour se rassurer de la gestion du parc.

Quelques mois plus tard, en début 2015, un code de conduite et d’éthique d’affaires avait été élaboré et ce code constituait le fondement de l’engagement en matière d’intégrité, de conformité et d’éthique. Les dirigeants des sociétés créées pour la gestion du Parc Agro-Industriel de Bukanga Lonzo étaient responsables non seulement de leurs propres actes mais aussi de la promotion d’une culture de respect du code et des lois en vigueur.

Le contrat de gestion signé entre l’État congolais représenté par quatre ministres et AFRICOM, le partenaire sud-africain, stipule clairement, et ce noir sur blanc, que AFRICOM est seul Responsable Technique et Financier de la gestion du Parc Agro-Industriel de Bukanga Lonzo.

Malgré ce fait, le rapport de l’IGF affirme que le premier ministre Matata Ponyo n’avait pas mis en place des mécanismes minima pour garantir la surveillance dans l’utilisation des fonds décaissés par le Trésor public. La question que l’on peut se poser quelle est la responsabilité d’un premier ministre dans la gestion d’un projet dans lequel il n’était nullement impliqué ? 

  • Troisième incohérence. Dans son rapport, l’IGF estime que le projet de Bukanga Lonzo a fait l’objet de surfacturation, et cette surfacturation a fait l’objet d’un complot qui nous a permis de détourner l’argent destiné au projet à des fins d’utilisation personnelle. Le partage du butin, quant à ce, se faisait en Afrique du Sud.

Face à des accusations d’une telle gravité, je m’attendais à ce que l’on fournisse des preuves de comment est-ce que l’argent est parvenu directement ou indirectement à moi.

De telles preuves sont pour autant plus faciles à collecter, dans la mesure où le secteur bancaire est l’un des secteurs les plus traçables au monde.

C’est vrai que le fait pour moi de dire : « je n’ai jamais perçu ne serait-ce 1 dollar américain directement ou indirectement des fonds que le Trésor public a versé à AFRICOM », peut facilement être remis en compte. Mais je vous affirme que je n’ai jamais perçu ne serait-ce 1 dollar des fonds décaissés pour ce projet. Et j’ai le document écrit et signé par le responsable de l’époque de l’Africom.

La question qu’on peut se poser naturellement est celle de savoir comment peut-on sur base d’un tel rapport basé sur des incohérences demander au Sénat de prendre une décision? Peut-on évoquer la problématique de justice alors que même le soubassement ou le point de départ pose déjà un problème? Si les fondements posent un sérieux problème de cohérence, qu’en sera-t-il de la suite ?

Honorable Président du Sénat,

Honorables Membres du bureau,

Honorables Sénateurs,

Nous disposons de toute la documentation officielle et toutes les preuves matérielles par rapport l’ensemble des faits que nous venons d’évoquer quant au caractère incohérent du rapport. Lesquels éléments pourraient être soumis à la sagesse du Sénat, avant toute prise de décision, si jamais cela est requis.

Honorable Président du Sénat,

Honorables Membres du bureau,

Honorables Sénateurs,

B. En dépit d’être incohérent, la matrice conceptuelle du rapport de l’IGF se fonde sur des mensonges :

  • L’IGF m’accuse d’avoir détourné, tout le long du processus d’exécution du projet de parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, le fond alloué à ce projet, en complicité avec le Ministre Délégué auprès du Premier Ministre, Chargé des Finances, monsieur Patrice Kitebi. Remarquez bien le mot « tout le long du processus d’exécution du projet de parc agro-industriel de Bukanga Lonzo ».

Pour votre gouverne, le projet de Bukanga Lonzo a débuté en juillet 2014 et à fin 2014, il y avait remaniement. Dans le gouvernement Matata II, il n’y a pas eu de ministre délégué et monsieur Patrice Kitebi n’était pas membre de ce gouvernement.

Donc de 2015 à 2016, le projet du parc était réalisé sans le ministre délégué Kitebi. Sur base de quoi peut-on affirmer que le premier ministre honoraire Matata Ponyo a organisé le détournement, tout le long du processus d’exécution du projet de Parc Agro-Industriel de Bukanga Lonzo, en complicité avec le Ministre Délégué ?

Aussi, à noter que plus de 80 pour cent des paiements effectués en faveur du PAI BL ont été réalisés après fin 2014, c’est-à-dire au moment où monsieur Patrice Kitebi n’était plus Ministre-délégué.

En plus, le rapport qualifie la Primature de « centre de gestion et d’engagement de toutes les dépenses du projet » alors que les lettres d’autorisations des paiements qui émanent de la Primature, par ailleurs justifiées par l’urgence ne représentent moins de 5 pour cent du total des dépenses.

  • L’IGF nous a transmis une synthèse de son rapport d’enquête. La synthèse qui nous a été transmise compte au total 10 pages, alors que le rapport entier qui a servi de sources d’informations à un réseau des journalistes comprend 18 pages, hormis les annexes.

Ce qui est surprenant, certains faits qui nous sont reprochés dans le rapport entier ne sont pas contenus dans le rapport synthèse.

Souvent, en consultant la presse écrite, nous étions étonnés de lire certaines accusations qui nous étaient adressées par les journalistes mais que nous ne retrouvions pas dans le rapport synthèse qui nous a été transmis. Nous considérions donc systématiquement ces informations de fake news car nous disant que ces accusions ne sont pas contenues dans le document synthèse que l’IGF nous a transmis. Donc, l’IGF a préféré remettre le Rapport aux journalistes et non pas à la personne incriminée. Et pour votre information, il n’y a pas eu de séances de contradiction entre l’équipe de l’IGF et l’incriminé, ce qui est contraire aux règles élémentaires d’audit.

Honorable Président du Sénat,

Honorables Membres du bureau,

Honorables Sénateurs,

Au-delà de ce fait, ce qui nous a paru totalement inimaginable est que, je me suis rendu compte qu’en réalité le rapport synthèse ne contenait pas tous les griefs que l’IGF me reprochaient.

Plus grave, encore, je me suis rendu compte que les faits qui m’étaient reprochés étaient totalement faux, et véritablement mensongers.

Par exemple, dans le rapport entier qui a été transmis à un réseau des journalistes et dont une copie a fuité, l’IGF affirme que le Bureau du Premier Ministre a détourné environ 8 millions de dollars américains destinés à l’achat d’une machine « Ultimate Building Machine » (UBM en sigle). L’IGF affirme également que cette machine n’a jamais été trouvée sur le site de Bukanga Lonzo. Ce fait a été largement relayé par la presse et les réseaux sociaux.

Pourtant, il existe bel et bien une note du Ministre du ministre de l’industrie, datant du 27 mars 2019 et adressée au Premier ministre dans laquelle il est clairement écrit que la machine « Ultimate Building Machine » (UBM) a été bel et bien achetée. Dans la même note, le Ministre de l’Industrie précise qu’une mission réalisée par le ministère de l’Industrie, le lundi 23 octobre 2017, a certifié que la machine « Ultimate Building Machine » acquise auprès de MIC Industries Inc était bien conservé dans les conteneurs à Bukanga Lonzo. 

Je peux énumérer autant de faits qui nourrissent la confusion et même de l’indignation. Je vous épargne de l’épisode d’une fausse copie du « rapport Ernst Young » qui a été largement diffusé dans les réseaux sociaux et qui a induit en erreur plusieurs analystes.

Je vous épargne de la question de gré-à-gré sur laquelle un groupe de journalistes s’acharnent pour justifier que le projet du Parc Agro-Industriel de Bukanga Lonzo est une conception et une planification de Matata Ponyo Mapon, en son temps premier ministre. Alors que le dossier a reçu l’accord non seulement du gouvernement, mais aussi du Président de la république.

Honorable Président du Sénat,

Honorables Membres du bureau,

Honorables Sénateurs,

Tout récemment, nous avons tous suivi, images vidéo à l’appui, que Bukanga Lonzo a repris avec la production. Y a-t-il eu une nouvelle étude de faisabilité ? Y a-t-il eu l’acquisition de nouvelles machines?

Je vous dis non. Il s’agit du même investissement entamé en 2014 mais qui malheureusement a connu une rupture de financement en 2017, après la fin de mon mandat en qualité de premier ministre. Peut-on nous dire qui a décidé de l’arrêt des paiements au profit de ce Parc agro-industriel ? Est-ce le Président de la république de l’époque ? Est-ce l’un de trois Premier ministres de l’époque ? Est-ce l’un de ministres de l’Agriculture de l’époque ? Il faut que le peuple congolais sache un jour qui est le vrai auteur de la débâcle de Bukangalonzo. Il est connu des enquêteurs de l’Inspection générale de finances; mais ces derniers ne l’ont nullement cité dans le rapport pour des raisons que vous pouvez imaginer.  

La rédaction