RDC/des révélations dans le dossier Bukanga Lonzo: les 8 mensonges de l’IGF mis à nu (tribune)

RDC/des révélations dans le dossier Bukanga Lonzo: les 8 mensonges de l’IGF mis à nu (tribune)

12 mai 2021 0 Par Grandjournalcd.net

Plusieurs questions ont été soulevées sur la sérénité du premier ministre honoraire face aux accusations de l’IGF concernant le dossier Bukanga Lonzo. Ayant appris que la Justice avait initié la levée des immunités en tant que Sénateur, il a décidé d’écourter son séjour à Conakry pour regagner Kinshasa.

Cette décision pouvait étonner plus d’une personne. Mais tout est devenu aussitôt clair après une interview qu’il livrée ce dimanche 9 Mai 2021 à quelques journalistes. Il ressort de ses propos des preuves matérielles qu’il a mis à la disposition de quelques journalistes que le rapport de l’IGF était truffé d’un nombre élevé decontre-vérité.

De manière générale, il ressort que l’IGF a menti aumoins 8 fois dans son rapport.

MENSONGE 1

L’IGF a menti en affirmant que le Bureau du premier avait détourné 7,9 millions de dollars américains destiné à l’achat d’une machine (Ultimate Building Machine,
UBM). L’IGF a également menti, en affirmant que cette machine n’a jamais été
trouvé sur le site de Bukanga Lonzo.


Preuve

Une note du Ministre de l’industrie, datant du 27 mars 2019 et adressée au
président de la République confirme pourtant que la machine «Ultimate Building Machine» (UBM) a été bel et bien achetée. Une mission réalisée par leministère de l’Industrie, le lundi 23 octobre 2017, a certifié que l’équipement acquis auprès de MIC Industries Inc était bien conservé dans les conteneurs à BukangaLonzo.

MENSONGE 2

L’IGF a menti en affirmant qu’il n’existe pas d’étude defaisabilité proprement dite sur le Parc Agro-Industriel de Bukanga Lonzo, hormis le master plan.

Preuve

En réalité, en plus du master plan, il ya également eu un plan d’affaires pour les 2 premières phases du projet et d’autres études qui ont été effectuées pour garantir le
succès de ce projet, dont:
1.Masterplan du site de Bukanga Lonzo: analyse topographique, agronomique, architecturale, du marché et financier;
2.Analyse détaillée du sol (une première pour le pays);
3.Plan d’affaires pour les 2 premières phases du projet;
4.Analyse financière par KPMG;

5.Étude de réalisation de la sous-station électrique et l’étude environnementale associée;
6.Étude d’impacts environnementals et sociales pour la partie deproduction agricole;
7.Étude socio-économique de la population établie sur les sites.
Le master plan était soumis à KPMG pour évaluation et raffinement. Le rapport de KPMG est aussi disponible.

Parailleurs, ce qui semble ambigu dans lerapportdel’IGF
et peut-être qu’il conviendrait de souligner est le fait qu’un plan d’affaires n’aurait
aucun sens s’il n’est pas basé sur la connaissance de la structure du sol, de laquelle dépendent la sélection des spéculations, les méthodes culturales ainsi que la sélection
des intrants et des équipements à utiliser.

MENSONGE 3

L’IGF a menti en affirmant que le premier ministre honoraire est le concepteur et le planificateur du projet du Parc Agro-Industriel de Bukanga Lonzo (PAI BL en sigle).

Preuve

En réalité, le projet du PAI BL remonte en réalité à 2010, c’est-à-dire avant que Matata Ponyo ne devienne premier ministre (DSCRP, PDDAA, PNIA, PAI). Les experts dans le domaine agricole en RDC peuvent le certifier. Enoutre, le premier
ministre honoraire Matata Ponyo n’a jamais fait partie des équipes d’experts qui ont conçu le masterplan du site de Bukanga Lonzo, c’est-à-dire des experts qui ont produit l’analys et opographique, agronomique, architecturale, du marché et financier
du projet; il n’a pas participé aux travaux d’analyse détaillée du sol (une première pour le pays); il n’est pas intervenu dans l’élaboration du plan d’affaires pour les 2 premières phases duprojet. De même pour les autres études (analyse financière par
KPMG; étude de réalisation de la sous-station électrique et l’étude environnementale associée; étude d’impacts environnemental et social pour la partie de production agricole; étude socio-économique de la population établie sur less ites), il n’est jamais intervenu. La conception et la planification étaient l’œuvre des experts qui d’ailleurs n’étaient pas de la Primature. Et les conclusions de ces études étaient soit discutées en réunion duconseil des ministres, soit au sein des commissions interministérielles par lesexperts.

MENSONGE4

L’IGF a menti en affirmant que le premier ministre honoraire a choisi le partenaire sud-africain AFRICOM Commodities (Pty) Ltd qui avait trois ans d’existence au moment de la signature du contrat de gestion.

Preuve

Le choix du partenaire sud-africain a été réalisé à l’issue d’une mission de vérification de la capacité d’AFRICOM qui était réalisée par les experts de quelques ministères concernés en Afrique du Sud. En effet, la mission de vérification de la capacité d’AFRICOM d’assurer la gestion du Parc Agro-Industriel de Bukanga Lonzo comptait les délégués de la Primature et des Ministères des Finances, Agriculture et Portefeuille. Chaque délégué a été choisi et désigné par son ministère et, à l’issue de la mission, a
soumis à l’attention de sa hiérarchie un rapport de mission.

En suite, Le choix du site pour l’installation du premier parcagro-industriel est un processus qui a commencé lors du séminaire du gouvernement à Zongo. Au cours de ce séminaire, dans sa présentation,
le Ministre des Travaux Publics avait souligné le manque de rentabilité économique des investissements consentis sur la Nationale 1 à cause du niveau très faible du trafic
à l’exception du tronçon Kinshasa-Matadi (dansunseulsens). Parmi les recommandations, il était question de promouvoir des activités agricoles le long de la Nationale 1 y compris le développement des parcs agro-industriels telsque repris dans
le Plan National d’Investissement Agricole (PNIA). Finalement des équipes d’identification avait été mises en place pour identifier les sites propices. Bukanga Lonzo a été ajouté après les analyses non-concluantes des sites de Nkundi (difficile d’accès), du Plateau de Bateke (manque d’eau et d’électricité) et Kimbinga (manque
d’eau et d’électricité et loin d’un centre urbain important). C’est après l’identification du site que les experts sud-africains ont passé un mois sur le site pour analyser le sol et produire le business plan.

Le choix du partenaire AFRICOM et du site Bukanga Lonzo était une
recommandation des experts et non une décision du premier ministre honoraire.

MENSONGE 5

L’IGF a menti en affirmant que, tout au long du cycle de vie du projet, le premier ministre honoraire Matata Ponyo au moins à travers soit son «Bureau» qui était le
centre de gestion et d’engagement de toutes les dépenses du projet de Bukanga Lonzo, soit directement, ou indirectement à travers le Ministre-Délégué auprès du
Premier Ministre, chargé des Finances, qui dépendait totalement de ce dernier.

Preuve

Deuxièmement, l’engagement en finances publiques dénote l’opération par laquelle une personne morales ou mise aux règles de la comptabilité publique crée ou constate à son encontre une obligation de laquelle il résultera une dépense. De ce fait, considérer «le Bureau du Premier Ministre honoraire» comme «le centre de gestion et d’engagement de toutes les dépenses du projet» n’est pas malhonnête. En outre, les
lettres d’autorisations des paiements qui émanent de la Primature, dont la nature des dépenses est fondamentalement liée à certains paiements spécifiques n’ayant pas trait à des dépenses courantes, représentent moins de 5 pourcent. De ce fait, se baser sur ces correspondances pour conclure que la Primature était un centre de gestion et d’engagement de toutes les dépenses du projet est une démarche fondamentalement biaisée.

Cette accusation est doublement mensongère, Premièrement, 70 pourcent des paiements effectués en faveur du projet de Bukanga
Lonzo ont été réalisés après Novembre 2014, c’est-à-dire au moment où Mr Patrice
Kitebi Kibol Mvul n’était plus Ministre-délégué au près du Premier Ministre Honoraire, chargé des Finances. En réalité, le projet du PAI BL était lancé en juillet 2014. Et 5 mois plus tard, en décembre 2014, avec le remaniement du gouvernement, il n’y avait plus de Ministre-Délégué auprès du Premier Ministre, chargé des Finances. Monsieur Kitebi n’était pas membre du gouvernement Matata II.

MENSONGE 6

L’IGF a menti en affirmant que le premier ministre honoraire Matata Ponyo n’avait pas mis en place des mécanismes minima pour garantir la surveillance dans l’utilisation des fonds décaissés par le Trésor public.

Preuve.

Cette accusation est mensongère à trois niveaux, car une gestion prudentielle était bel
et bien mise en place dans l’implémentation du projet Bukanga Lonzo.
NIVEAU1: Contrairement à ce que l’IGF affirme, en son temps, des mesures appropriées étaient prises pour garantir une gestion saine du projet Bukanga Lonzo (PAI BL). Plus
précisément, le gouvernement avait renforcé la gouvernance du projet Bukanga Lonzo:
1.En mettant en place une commission interministérielle présidée par le Ministre
de l’Agriculture;
2.En exigeant l’enregistrement des entreprises chacune avec des organes de gestion y compris ceux de contrôle;
3.En commandant, suivant l’initiative du Premier Ministre, un audit de la gestion d’AFRICOM quelques mois après le lancement du projet.
NIVEAU2: Vouloir à tout prix faire porter la responsabilité au premier ministre honoraire Matata Ponyo est incompréhensible dans la mesure où:
1.Chaque société dans le cadre du projet Bukanga Lonzo devait s’engager à exercer ses activités dans le strict respect des lois et règlements, et tenir à ce que ses employés agissent toujours en ce sens. À cet effet, un code de conduite et d’éthique d’affaires avait été élaboré et constituait le fondement de
l’engagement en matière d’intégrité, de conformité et d’éthique. Les principes y édictés constituent les normes fondamentales de comportement attendues de
tous les employés.
2.De ce qui précède, les dirigeants sont responsables non seulement de leurs propres actes mais aussi de la promotion d’une culture de respect du code et des lois en vigueur.
3.Ce code était signé par les dirigeants des sociétés créées dans le cadre du projet Bukanga Lonzo.
NIVEAU3: Des documents officiels attestent que plusieurs missions de contrôle et audits ont été commanditées sous l’initiative du premier ministre honoraire pour, précisément, s’assurer que la gestion du Parc correspond aux engagements contractuels.

MENSONGE7


L’IGF a menti en transmettant au premier ministre honoraire Matata Ponyo une note
de synthèse du rapport (10pages) qui ne comprenait pas certains éléments clés du rapport entier. Enmêmetemps, l’IGF a transmis à son réseau de journalistes le rapport entier (18pages).

Preuve

Parmi les éléments-clés qui ne figure pas dans le rapport synthèse, il ya lieu de noter l’accusationmen songère de l’IGF selon laquelle : le «Bureau» du premier ministre honoraire Matata avait détourné 7,9 millions de dollars américains, destiné à l’achat d’une machine d’usine mobile et construction (UBM) qui coutait plus de 7,9 millions de dollars américains et qui n’ajamais été livrée».

MENSONGE8.

En Novembre 2020, dans une conférence de presse, l’IGF avait déclaré qu’ilexiste un
compte bancaire en Afrique du Sud où les complices se retrouvaient régulièrement pour se partager l’argent détourné dans le cadre du projet du Parc Agro-Industrielde BukangaLonzo.


Preuve

Malgrés le fait que le secteur bancaire est l’un des secteurs le plus traçable au monde, l’IGF n’arrive toujours pas à brandir des preuves ou de fournir le montant perçu par les prétendus détourneurs. En revanche, soit il s’accroche à une accusation de nature psychologique «Détournement intellectuel»; soit il se livre en spectacle dans les émissions télévisées.

En réalité, l’IGF amenti plus de 8 fois dans son rapport. Toutefois, pour les autres contre-vérités, le premier ministre honoraire a jugé utile de réserver les éléments de preuves supplémentaires des mensonges et contre-vérités minutieusement concoctés par l’IGF à l’attention de la Justice congolaise pour toute fin utile.

De son côté, l’IGF multiplie les sorties pour continuer dans les médias sans brandir des preuves convaincantes du détournement.


Dossier à suivre.

Maître Elvis ZIGABE, Avocat