Françafrique : cette « insulte » d’Emmanuel Macron en présence de Félix Tshisekedi n’est pas passée inaperçue

Françafrique : cette « insulte » d’Emmanuel Macron en présence de Félix Tshisekedi n’est pas passée inaperçue

27 avril 2021 0 Par Grandjournalcd.net

La déclaration d’Emmanuel remet une nouvelle fois remis la polémique de la Françafrique sur la table. Cette expression est utilisée, en général de façon péjorative, pour désigner la relation spéciale, qualifiée de néo-colonialiste par ses détracteurs, établie entre la France et ses anciennes colonies en Afrique subsaharienne et le reste des pays francophones et certains des pays anglophones tels que le Rwanda.

Dans sa déclaration de ce jour, le président français a appelé à la solidarité internationale pour l’Afrique pour sa relance économique en ce moment où les économies du monde entier ont été touchées par la crise due à la pandémie du coronavirus.

C’était lors d’une interview donnée par Macron et Tshisekedi avant un déjeuné à l’Elysée. Un déjeuner au cour duquel le président en exercice de l’union africaine devrait évoquer avec le chef de l’Etat français “principalement la question de financement des économies africaines “pendant et après la pandémie de COVID-19”.

En gros, Emmanuel Macron a appelé à préparer «un New Deal» pour aider les pays africains à surmonter le «ralentissement très fort» de leurs économies depuis la crise du Covid-19, avant un sommet financier prévu le 18 mai à Paris auquel sont confiés plusieurs chefs africains comme les présidents ivoiriens , congolais et rwandais.

Ce mardi, lors de cette adresse à la presse, le président français a insisté sur ce « ralentissement très fort sur un continent en pleine expansion démographique», a-t-il déclaré en parlant d’Afrique.

Selon Emmanuel Macron l’Europe a trouvé des moyens de s’en sortir du choc causé par la pandémie par notamment « une politique monétaire inédite , une réponse budgétaire qui se traduit en juillet dernier avec un plan de relance économique historique. Les États-Unis ont annoncé un plan fédéral inédit et une des politiques monétaires les plus accommodantes », s’est-il réjouit avant de se plaindre du cas de l’Afrique abandonnée à des solutions qui « datent des années 60 ».

Et de poursuivre, « nous devons absolument inventer pour les 17 et 18 mai prochains un New Deal du financement de l’Afrique», a-t-il poursuivi en pensant à « des solutions profondément novatrices sans quoi , assène le président français, « nous laisserons le continent africain face à la pauvreté (…) face à la réduction des opportunités économiques, une migration subie et l’expansion du terrorisme, et cela je ne veux pas m’y résoudre».

Des déclarations qui ont suscité beaucoup de réaction sur la toile. Plusieurs internautes en ont profité pour remettre en question la diplomatie jugée néocolonialiste de la France qui lui a valu ce nom de « Françafrique ».

« L’Afrique, c’est aussi les géants anglophones comme le Nigéria, l’Afrique du sud et le Ghana qui considèrent la France-Afrique comme une insulte. Discuter l’avenir du Tchad avec la France avant d’aborder cette question au niveau de l’UA est une erreur et une humiliation de plus », s’est indigné Seth Kikuni, acteur politique et homme d’affaires congolais.

L’ancien candidat à la présidentielle en RDC a entendu par cet appel d’Emmanuel Macron à la solidarité internationale pour l’Afrique une manière pour le président Français de se plaindre de « vous africains [qui] ne savez pas refléchir. Vous vivez encore en 1960. Nous allons refléchir à votre place. On vous dira quoi le 18. »

Pourtant, en faisant référence au «New Deal» («Nouvelle donne») « Emmanuel Macron faisait lui-même allusion à un plan de relance mis en œuvre par le président américain Franklin Delano Roosevelt pour lutter contre l’impact de la Grande Dépression des années 1930. Qui de lui et africains est plus retardé ? », s’interroge un autre acteur politique congolais, Patrick Civava, chef d’un parti de l’opposition en RDC.

Ces propos auraient visiblement embarrassé le président Félix Tshisekedi qui , arrivé à son tour de réagir, s’est contenté d’évoquer l’insécurité à travers l’Afrique et dans son pays. « Je ne me lasserai jamais de sensibiliser la communauté internationale par rapport aux zones de violences en Afrique, particulièrement (dans l’est de mon pays), où il s’est créé un groupe à tendance islamiste, au discours islamiste et aux méthodes islamistes, et qui sème la terreur auprès de nos populations. »

La France accueille le 18 mai prochain à Paris le Sommet sur le financement des économies d’Afrique subsaharienne. Un dizaine des chefs d’état africains sont attendus à ce sommet aux côtés des responsables européens et de grandes organisations internationales, comme le FMI ou la Banque Mondiale.

Moïse Dix