RDC/ insécurité à l’Est : ce temoignage édifiant du gouverneur Jean Bamanisa

RDC/ insécurité à l’Est : ce temoignage édifiant du gouverneur Jean Bamanisa

26 avril 2021 0 Par Grandjournalcd.net

La question de l’insécurité de l’est n’a jamais autant concentré autant d’engouement et d’attention.

Des mouvements de manifestations contre l’insécurité fusent !

A Kinshasa, les opposants ont appelé à manifester cette même semaine au cours de laquelle les députés ressortissants de l’est de la République ont décidé de sécher les plénières jusqu’à ce qu’une issue soit trouvée.

Entre temps les mouvements citoyens marchent pour renvoyer la MONUSCO et des élèves passent des nuits blanches à la mairie de Béni pour exiger des solutions adaptées à cette problématique.

Le président Félix Tshisekedi, le principal destinataire de toutes ces doléances a récemment promis une incessante réaction foudroyante des forces armées congolaises contre les auteurs de ces exactions commises contre les populations civiles.

Témoignage d’enfance du gouverneur Jean BAMANISA

Le gouverneur de L’Ituri, l’une des provinces victime de ces atrocités, évoque surtout le caractère complexe de cette guerre asymétrique qui a commencé bien des années avec les mêmes pratiques qu’en ces jours.

« J’avais 10 ans en 74 comme ce garçon (un petit garçon manifestants pour le retour de la sécurité_NDLR) face aux atrocités et j’allais à pieds à l’école Paida à 3 Km de Beni route Kasindi.
Déjà ces rebelles enlevaient des enfants, tuaient en coupant des membres, recrutaient.
En 2008, de Kpla-Beni, je suis passé par le village Ougandais où ils avaient enlevé 123 enfants d’une école Ougandaise pour les ramener dans les montagnes de Ruwenzori surplombant Beni » témoigne Jean Bamanisa qui rappelle que ces atrocités déplorées ces jours ne « datent pas d’aujourd’hui ».

Complicité locale

Sans dédouaner qui que ce soit, le gouverneur estime surtout que « nous (congolais) tardons de trouver les bonnes solutions.
Il y a 6 ans des enquêtes avaient démontrés l’implantation locale profonde ».

Une déclaration qui vient rappeler celle du président de l’Assemblée nationale qui invitait récemment certains des notables ou élus de l’est de la République de sortir de « ces mouvements rebelles ». Une manière d’appeler à l’implication de tous pour que la paix revienne à l’est , précisera-t-il par la suite.

Ce groupe , poursuit le gouverneur en parlant des rebelles ougandais,  » s’introduit à Djugu pour appuyer CODECO et bénéficie de leur gris-gris pour être plus fort, apprécient leurs massacres sur les Hema.
CODECO, FPIC ont tous des Chefs Sacrificateurs mysticoreligieux communautaires », révèle Jean Bamanisa qui y voit de  » l’endoctrinement profond comme méthodologie pour extirper ».

Le gouvernement Sama Lukonde fait de cette question d’insécurité sa priorité

Entre temps, le nouveau gouvernement investi ce lundi 26 avril, par 410 des 412 députés présents à la plénière, a promis de faire de la question sécuritaire sa priorité des priorités. Ce, alors que la mission onusienne (MONUSCO) signalait tantôt une baisse sensible du nombre des groupes armés opérant à l’est de la République.

La question sécuritaire en République Démocratique du Congo qui date des décennies connaitra-t-elle, enfin son épilogue avec ce nouveau gouvernement ou sous le mandat du président Félix Tshisekedi ? Wait and see.

Moïse Dix