RDC : l’ONGD Handicap Zéro dit non à un ministère discriminatoire dans le prochain gouvernement (communiqué)

RDC : l’ONGD Handicap Zéro dit non à un ministère discriminatoire dans le prochain gouvernement (communiqué)

11 mars 2021 0 Par Grandjournalcd.net

Eu égard aux tractations actuelles sur la formation du prochain Gouvernement qui sera issu de la nouvelle coalition de l’union sacrée de la nation, l’ONGD Handicap Zéro, une association qui milite pour la promotion, la protection et la participation des personnes handicapées au travers l’information et l’éducation, donne sa position concernant la question de la participation des personnes handicapées au sein des institutions de la République tel que le prévoit la Constitution.

En effet, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a affirmé sa ferme volonté de remédier à la marginalisation des personnes en situation de handicap en instaurant pour la première fois, au sein du premier Gouvernement de son mandat, un ministère délégué en charge des personnes vivant avec handicap et personnes vulnérables. 

Sans omettre le caractère incontestablement salutaire de l’instauration de ce département au vu de la démographie des personnes sous le coup d’un handicap, environ 15 millions de Congolaises et des Congolais, il reste que la dénomination même du ministère renferme une sémantique discriminatoire et restreint à la fois la portée de l’action de ce ministère, a priori, transversal.

Premièrement, la loi fondamentale en son article 12 dispose que « Tous les congolais sont égaux devant la loi et ont droit à une égale protection des lois. »

Il ressort de cet article que tout congolais doit bénéficier de tous les droits et avantages que les lois de la République prévoient. Les personnes handicapées étant également des congolais à part entière, elles doivent aussi faire partie du Gouvernement national ainsi que dans toutes les autres institutions tant nationales, provinciales que locales.

De plus, l’article 49 alinéa 2 de la même Constitution proclame que « l’Etat a le devoir de promouvoir la présence de la personne avec handicap au sein des institutions nationales, provinciales et locales. »

Il ressort de cette disposition constitutionnelle que les personnes handicapées ne doivent pas seulement avoir un ministère mais cette disposition va plus loin car elle exige la présence des personnes handicapées au sein de toutes les institutions.

De ce qui précède, l’ONGD Handicap Zéro formule les recommandations suivantes : – Maintenir le département chargé des personnes dites « handicapées » ;- Fusionner le ministère actuel en charge des personnes vivant avec handicap avec un autre du même aspect humanitaire pour éviter les conflits d’attribution ; – Assurer la participation effective des PVH dans les institutions à tous les niveaux, sur fond de des articles 12 et 49 de la Constitution ;- Appliquer une dénomination appropriée et non discriminatoire. Nous proposons en lieuet place, la dénomination du « ministère de l’Égalité des chances » ;- Nommer les PVH dans d’autres ministères (Intérieur et Sécurité, Santé, Environnement, …) et ne pas restreindre ainsi la situation de handicap à un seul département car cela constitue également un motif de discrimination.

La participation à la cause des PVH doit être opposable à tous les ministères.

En conclusion, nous disons que nous ne voulons pas de ce ministère en charge des personnes handicapées car cette dénomination est pour nousune autre forme de discrimination. Les personnes handicapées ne sont pas là pour gérer uniquement le ministère en charge des personnes handicapées mais elles peuvent aussi s’occuperd’autres ministères en fonction de compétences et formations des PVH. C’est d’ailleurs la meilleure façon de promouvoir et de faire participer cette catégorie des personnes dans la gestion de la chose publique et éliminer toutes formes de discrimination dont elles sont victimes.

C’est aussi ça l’esprit des articles 12 et 49 de notre constitution qui mettent tous les congolais au même point d’égalité d’un côté, et de l’autre, les autorités doivent promouvoir la participation des personnes handicapées au sein de toutes les institutions tant nationales, provinciales que locales.

Rehema Sergine Gino, Présidente de l’ONG Handicap Zéro.