RDC/ Hydrocarbures : à Mbuji-Mayi les réservoirs sont à sec !

RDC/ Hydrocarbures : à Mbuji-Mayi les réservoirs sont à sec !

11 février 2021 0 Par Grandjournalcd.net

Rien qu’en une semaine, les prix de carburant est passé à Mbujimayi de FC 3.200 à FC 4.500 le litre voire plus selon les heures de la journée. L’offre du carburant est faible, la demande (et le prix avec) sont à la hausse.

Déjà, à cause de son enclavement, le prix de l’essence à la pompe à Mbujimayi était l’un des plus chers au pays. Avec la rupture des stocks connue depuis une semaine, les prix flambent. Ils sont passés à FC3.200 le litre à FC4.500.

« S’il coûte FC 4.500 à midi, l’après-midi il coûtera plus », nous confie un motard. Le président de la FEC, monsieur Wilfried Bukasa attribue la situation à un disfonctionnement de la logistique de la SNCC.

« Nous avons 14 wagons-citernes chargés des produits pétroliers depuis trois semaines à la gare de Lubumbashi en partance pour Mwene-ditu. Malheureusement les locomotives prévues pour conduire les wagons étaient encore dans l’atelier de maintenance pour des réparations. »

Et puisqu’aucune réserve stratégique n’est disponible « suite à l’absence d’un matelas financier à la Banque Nationale », la subite rupture des stocks provoque une augmentation des prix du carburant sur le marché local.

Il existe quatre voies d’approvisionnement de la ville de Mbuji-Mayi en produits pétroliers. D’Ouest à partir de Kinshasa; Sud en venant de Lubumbashi; d’Est en quittant Djugu, Isiro et Beni; et le Centre.

Cela pose le problème particulier de l’enclavement de la ville de Mbuji-Mayi, lequel est aggravé par l’absence des voies de communication praticables.

« Un camion amenant le carburant à partir de Lubumbashi mettrait trois mois pour atteindre Mwene-ditu », nous informe une source de la FEC.

Cependant pour certains observateurs, l’enclavement de la province du Kasai Oriental, située au centre du pays n’est pas le seul goulot d’étranglement.

Pour que le prix du carburant à Mbuji-Mayi rejoigne celui des autres villes du pays, l’Etat congolais a des efforts à fournir.

« Le gouvernement central devrait revoir à la baisse la structure des prix et les frais douaniers des produits pétroliers » destinés à la province, nous confie un analyste économique ayant requis l’anonymat.

Et ce n’est pas tout.

« La fiscalité locale est différente des autres, et la différentielle des prix devrait être prise en charge par l’Etat comme c’est le cas ailleurs (Kisangani). A Mbuji-Mayi ces frais sont pris en charge par la population », précise l’économiste.

Cependant au niveau du patronat provincial l’on se montre rassurant : « d’ici le début de la semaine prochaine, les produits pétroliers attendus seront acheminés par la SNCC à Mwene-ditu, et la rupture des stocks va s’estomper. »

Et pour prévenir une nouvelle rupture des stocks, la FEC négocie avec la SNCC la mise en circulation d’un « train bloc »: une sorte de train rapide qui partirait de Lubumbashi sans arrêt dans une gare, sauf en vue d’approvisionnement en intrants nécessaires.

En attendant, ce sont les spéculateurs qui se frottent les mains, ce qui poussent certains à demander que le gouvernement provincial envisage la création d’une Brigade de contrôle des prix en vue de traquer les malfaiteurs.

Déborah Kabuya