RDC/Miba: Les dessous des cartes du déguerpissement de Claude Mianzuila

RDC/Miba: Les dessous des cartes du déguerpissement de Claude Mianzuila

23 janvier 2021 0 Par Grandjournalcd.net

Le lanceur d’alerte Claude Mianzuila, qui était jusqu’ici logé au guesthouse de la Miba depuis septembre 2018 en raison du contrat de collaboration qui le liait à l’entreprise minière, vient de recevoir l’ordre de deguerpissement endéans 72 heures, à dater du 22 janvier 2021.

C’est par sa lettre numéro DRH/DH/n*005/01/2021 datant du 15 janvier 2021 que monsieur N’goba Kakumbi, chef du département des Ressources Humaines ai à la Miba a signifié à Claude Mianzuila de “libérer la maison qu’il occupe à la Miba “dans un délai de 72 heures”.

Cette “mise en demeure” se justifie, selon la Miba, puisque le précité “occupe la maison sans titre ni droit”.

Dans l’imaginaire de nombreux à Mbujimayi, Claude Mianzuila est d’abord ce lanceur d’alerte à la base de “l’affaire du diamant Fancy Green de 2,3 carats volé à la Miba” qui fut sous les feux des projecteurs pendant plusieurs mois.

La Justice intervint et le chef de service du Triage de la Miba fut sous les verrous. Cependant ce dernier fit appel et l’affaire se conclut par sa libération le 25/11/2020 après le verdict de la Cour d’appel.

SERAIT-CE UNE CHASSE AUX SORCIÈRES?

Faudrait-il voir un lien entre les deux affaires? L’éviction de Claude Mianzuila se justifie-t-elle?

D’après Nicolas Mbiya de LUCHA la Miba “viole le contrat de collaboration qui lie les deux. À ses yeux ce sont “les dénonciations de M. Mianzuila qui dérangent”. » Il ne s’agit ni plus ni moins d’une décision injuste et irresponsable ».
“Comment peut-on faire venir un expert de Kinshasa pour un travail précis, l’exploiter sans le payer et enfin le jeter à la rue avec son épouse comme des vulgaires infiltrés?” s’interroge Nicolas Mbiya.

Pour la petite histoire,
M. Mianzuila est venu dans le sillage de l’ancien DG de la Miba Albert Mukina , nommé directeur le 13/07/2017 et révoqué le 29/05/2020. Ce à titre d’expert en diamant le 29 mars 2018 et fut affecté au Service de la Commercialisation.
Selon sa déclaration à Coulisses.net “au 29 décembre 2020 la Miba me doit USD 79.000 incluant mes indemnités d’attente et mes honoraires de 13 mois”.

Pour les autorités de la Miba contactées par Grandjournalcd.net, Claude Mianzuila était sous un contrat de collaboration “lequel n’impliquait aucun avantage social”.

Ainsi le logement était un avantage social auquel il n’avait pas droit aux termes de son contrat. D’où les mentions “sans titre ni droit” incluses dans la lettre lui adressée.

L’on nous précise par ailleurs à la Miba que M. Mianzuila n’est pas le seul occupant d’une maison (ou chambre) de la Miba ayant reçu la notification d’éviction, laquelle toucherait une soixantaine de personnes en tout.

“Sur instruction de la Justice, la Miba est entrain de récupérer ses maisons occupées illégalement par des tiers”, nous a dit un cadre de la direction de la Miba.

Combien la Miba doit-elle à Claude Mianzuila?

Si d’après sa déclaration à Coulisses il s’agit d’un montant d’environ USD 79.000, du côté de la Miba par contre, tout en reconnaissant lui devoir de l’argent, la somme est en deçà: USD 40.000!

“La Miba lui doit certes de l’argent, mais cela ne lui donne pas le droit de prendre en otage les biens immobiliers de l’entreprise “, dit un cadre de la Miba. Et ce dernier de se faire menaçant: “s’il ne libère pas la maison une deuxième note lui sera remise lui notifiant qu’il est considéré comme locataire de la Miba et que le loyer sera défalqué de son compte”.

Pour terminer la Miba qui est conciliante, recommande à Claude Mianzuila de “suivre le precessus normal afin de rentrer dans ses droits: contacter l’inspection de travail et les Courts et Tribunaux.

Nous avons tenté de rencontrer M.Mianzuila afin qu’il nous donne sa version des faits. Malheureusement nos efforts se sont révélés sans succès.

Déborah Kabuya