RDC/ réformes électorales : suffrage direct ou indirect ? Ted Beleshayi, Abbé N’shole,Ngoy Kasanji, Patrick Muyaya se livrent au débat

RDC/ réformes électorales : suffrage direct ou indirect ? Ted Beleshayi, Abbé N’shole,Ngoy Kasanji, Patrick Muyaya se livrent au débat

8 septembre 2020 0 Par Grandjournalcd.net

L’argent consacré à l’organisation des élections dépasse de loin ce qui est consacré aux investissements pour la reconstruction du pays. Faut-il alors réfléchir et engager une réforme qui consiste à aller vers une élection indirecte en ce qui concerne l’élection présidentielle », lance l’honorable Ngoy Kasanji, cadre du Front Commun pour le Congo. « Si l’élection présidentielle s’organise au niveau de grands électeurs, nous avons l’avantage d’avoir la crédibilité et la transparence, » poursuit-il avant d’être contredit par Patrick Muyaya du Groupe des 13.

Patrick Muyaya, estime que le vote présidentiel à deux tours ne fera que renforcer la légitimité des institutions de la République. « La présidentielle à 2 tours de 2006 doit nous servir de modèle. Avec une large coalition AMP-PALU-UDEMO, elle a réconcilié kabilistes,lumumbistes et mobutistes. Et le pays était mieux gouverné,les chiffres l’attestent, » estime-t-il avant de proposer le fond de sa pensée, « y revenir c’est renforcer la légitimité des institutions ».

L’élu de la Lukunga ne cache pas par contre son opposition au schéma de vote par 604 parlementaires.Car, redoute-t-il, « les tensions seront plus graves si l’élection devait se faire par 608 personnes plutôt que des millions. Voter est un droit qu’il ne faut pas dérober », conclut-il.

Un avis que Yves Lumbu Katumbwe, un expert en développement social local partage à demi mot. « En effet, je ne vois pas le suffrage indirect ( par les parlementaires) résoudre l’épineux problème de légitimité populaire que le suffrage universel direct à un seul tour n’a pas pu résoudre, » dit-il avant de réclamer lui aussi « les élections à deux tours… »

Pour le porte-parole de la Conférence Épiscopale Nationale Congolaise, CENCO, une élection au suffrage indirect, « c’est l’argent qui va s’imposer. Qu’est-ce que le pays gagnera à voir un président de la République qui aura des comptes à rendre à personne parce qu’il a été voté moyennant l’argent? », s’est interrogé l’abbé Donatien N’shole.

Rappelons Félix Tshisekedi s’était déjà prononcé sur sa volonté de ramener le vote présidentiel à deux tours. A en croire Ted Beleshayi, secrétaire général de la ligue des jeunes du parti de Félix Tshisekedi, on continue de réfléchir comment revenir à deux tours à l’UDPS partant de cette promesse faite par le chef de l’État l’an passé.

Moïse Dix