RDC/ Culture des céréales à Bukangalonzo : « Evitez-nous un deuxième fiasco !  » Ted Beleshayi

RDC/ Culture des céréales à Bukangalonzo : « Evitez-nous un deuxième fiasco !  » Ted Beleshayi

20 août 2020 0 Par Grandjournalcd.net

Le parc agro-industriel de Bukanga Lonzo a été créé en 2014. Ce projet initié dans le cadre d’un partenariat public-privé entre le gouvernement et une société sud-africaine, Africom Commodities devait utiliser 80 000 hectares de terres pour la production de maïs, du riz, haricots et bien d’autres cultures.

L’État congolais a dépensé près de 100 millions de dollars d’argent public dans le projet. Le résultat reste à ce jour nul. La firme sud-africaine a intenté une action en justice contre l’État congolais pour non paiement des dépenses, l’État congolais continue de son côté à blâmer Africom Commodities pour son échec cuissant. Entre temps le panier de la ménagère, lui , n’a toujours rien reçu.

Ce projet initié à l’époque du gouvernement Matata Ponyo reste à ce jour un fiasco. Le nouveau premier ministre, Sylvestre Ilunkamba faisait une descente hier sur ce site située dans la province du Kwango, à des centaines de kilomètres de la capitale. Le chef du gouvernement a manifesté l’intérêt de relancer ce parc agro-industriel. Après sa visite, des réactions n’ont pas fini de fuser de partout.

En première ligne, Ted Beleshayi Kasanda. Cet expert financier et cadre du Parti présidentiel estime que Bukangalonzo reste « un fiasco » qu’il faille éviter de rééditer surtout pour ce qui est de la culture des céréales.

« Les études techniques de faisabilité, et de l’offre et de la demande ont prouvé qu’aucune culture des céréales ne serait rentable, c’est une terre de l’élevage, nous ne voulons plus d’un deuxième fiasco » a fait part le secrétaire général de la ligue des jeunes de l’UDPS.

Ted Beleshayi redoute les dépenses supplémentaires( à causes des engrais chimiques nécessaires à une production des maïs de qualité) que coûterait cette culture des céréales, les denrées alimentaires les plus en demande à travers le pays sur ces terres kwangolaises. Sans compter l’influence que ces dépenses auront sur le prix du produit.

« Les Sud Africains selon leurs études avaient prévu de produire des céréales comme livestock c’est-à-dire cultures destinées à nourrir des bétails , C’est Matata qui avait imposé qu’on vende le mäis » rappelle-t-il avant de dévoiler le fond de sa pensée.

« Même si l’on peut produire les maïs sur les terres de Bukangalonzo ça serait jamais compétitif si le débouché est Kinshasa, car les maïs de Maindombe, Equateur, Tshopo et Kasai qui atteignent Kin par le fleuve seront toujours plus compétitifs que ceux cultivés à Bukangalonzo », conclut-il.

Moïse Dix