RDC/ affaire « visa » de Pierre-Olivier Sur, avocat de Vital Kamerhe, une énième idée de génie pour dompter la justice ?

RDC/ affaire « visa » de Pierre-Olivier Sur, avocat de Vital Kamerhe, une énième idée de génie pour dompter la justice ?

31 juillet 2020 0 Par Grandjournalcd.net

On est tous conscient du génie qui habite Vital Kamerhe. Ses différentes interventions devant le tribunal lors de son procès au premier degré avaient étalé la mani avec laquelle le « dircab » pouvait subtilement faire passer son message, celui d’un homme politique tenant à sa réputation plus qu’à n’importe quoi.

Dans la tête de Vital Kamerhe, de ses millitants et sympathisants, son procès est purement politique. Des mains invisibles tireraient donc des ficelles pour se payer la tête du député le mieux élu de la République et le directeur de cabinet du chef d’État le plus imposant qu’il soit.

Vital lui-même ne s’était pas caché de le dire. « Ce matin je disais à ma femme de préparer psychologiquement les enfants…la messe est déjà dite » lâchait le mari de Amida Shatur lors de l’audience qui a précédé celle de sa condamnation.

Vital est sous le verrou, il le redoutait mais le voyait inévitablement venir. Son seul sauvetage en animal politique restait celui de l’avis de la population, ce qu’en pensera l’opinion. Inutile de rappeler que celui qui a le peuple derrière lui peut tout renverser même les appréciations d’un juge.

Tout peut arriver lors de son procès en appel fixé au 7 Août. Pour espérer un possible miracle ? Celui qui rêve de renaître de ses cendres,tel le phénix tente le tout pour le tout surtout dans l’art d’embaler des foules, ce qu’il sait le mieux faire.

L’affaire « visa » serait bien l’une de ces manoeuvres sorties du chapeau de Vital Kamerhe. Conscient de l’impossibilité pour son avocat « étranger » de plaider en République Démocratique du Congo au terme des conditions fixées par l’article 7- 1° de l’ordonnance- loi du 28 septembre 1979, Vital Kamerhe et ses avocats conseil ont quand-même initié des démarches auprès de l’ambassade congolaise en France. Question d’obtenir une autre occasion de ramener sur la table le débat sur le caractère politique et complotiste de ce procès contre sa personne.

Bishop Mfundu , journaliste d’investigation congolais voit dans le communiqué du bâtonnier Pierre-Olivier Sur  » un buzz inutile » tout en rappelant que la RDC fait partie de « l’Afrique centrale et non de l’ ouest » et donc il n’existe aucune convention entre la France et la RDC pouvant permettre à un avocat français de travailler à Kinshasa. « Les avocats congolais ne peuvent pas se donner ce luxe en France » martèle-t-il.

Tout comme lors de son procès au premier degré, Vital Kamerhe insiste auprès de l’opinion sur l’aspect complotiste de sa condamnation et des faits lui reprochés. « J’ai attendu jusqu’à la fin, je n’ai pas vu une pièce irréfutable qui prouve que moi Vital ais dévalisé la banque centrale ou détourné un franc du trésor » se souvient-on de son dernier mot devant le tribunal de grande instance de Kinshasa Gombe il y a près d’un mois.

Cette fois ce ne sera pas lui qui relancera ce débat, il sait que la crédibilité de son hypothèse pourrait en pâtir. En fin communicant, il laisse cette charge à une source extérieure, l’un de ses avocats étrangers qui après ses démarches (auprès de l’ambassade congolaise en France) qui , légalement, n’aboutiront à rien, saisit l’occasion pour passer le message, celui de démontrer que l’État congolais plaignant dans cette affaire « prive » en même temps l’accusé Vital Kamerhe « de son droit de se défendre ».

Une fois le décor est planté, Pierre-Olivier Sur peut alors joué sa partition, celle de diaboliser la justice congolaise dans cette affaire et victimiser Vital Kamerhe : « quoiqu’il arrive désormais, votre procès n’en est plus un. Et peu importe l’arrêt qui sera attendu,» lit-on dans ce communiqué de presse de cet avocat français. Une idée digne de génie.

N’est-ce-pas une stratégie légitime de discréditer d’avance toute condamnation possible au second degré contre ce directeur de cabinet de Félix Tshisekedi ? Ou un énième stratagème de sa défense pour mettre plus de pression sur les juges, qui, visiblement ne pourraient plus trancher en défaveur du client de Pierre-Olivier Sur dans cette affaire sans se brûler quelques ailes de leur bonne réputation sous ce nouvel air de l’instauration d’un État de droit, maitre-mot du nouveau régime ?

Moïse Dix