Congo-Brazzaville : Anatole Limbongo-Ngoka annonce sa candidature à la présidentielle de 2021

Congo-Brazzaville : Anatole Limbongo-Ngoka annonce sa candidature à la présidentielle de 2021

16 juillet 2020 0 Par Grandjournalcd.net

Anatole Limbongo-Ngoka, est le président du parti politique le Paradis (Parti africain pour un développement intégral et solidaire). Sa candidature s’inscrit dans la vision politique de Jean-Marie Michel Mokoko dont il a été le coordonnateur du comité de soutien lors de la dernière présidentielle, de mars 2016.
« Ma candidature est motivée par le besoin d’une alternance politique dans le pays.

Pour ne prendre que la situation la plus récente, l’opposition au changement de la constitution octobre 2015. Et puis il y a eu l’élection en mars 2016. Malheureusement mon candidat Jean-Marie Michel Mokoko est maintenu captif à la Maison d’arrêt de Brazzaville. On ne va pas donc baisser les bras, et le besoin de changement pour les Congolais est pressant », a-t-il expliqué.

Seulement sa candidature est une émanation personnelle. Jean-Marie Michel Mokoko ne l’a pas encore mandaté officiellement.
« Vous êtes une armée en guerre, et puis on arrête le général d’armée. Vous n’allez pas lui demander, pendant qu’il est dans les mains de l’ennemie, est-ce qu’on continue le combat ou pas ? Vous voyez bien que c’est stupide. Vous êtes obligé de continuer le combat pour le libérer », a déclaré Limbongo-Ngoka.

A propos de sa politique, il reste dans ce qu’ils avaient amorcé ensemble avec l’équipe de campagne de Jean-Marie Michelle Mokoko en 2016.
« Le constat était que l’héritage que le Parti Congolais du travail et Sassou-N’Guesso laissent au pays, n’est pas bon. A ce moment-là, nous nous étions dit que le mandat 2016 et 2021, si Mokoko avait gagné, serait de mettre en place une période de transition. Parce que le général parlait de faire les audits de la nation, de faire les états généraux de l’armée pour remettre les choses à plat », a-t-il rappelé.

Et de marteler que « de 1990 à 1997, il y a eu un semblant de démocratie. Malheureusement avec le coup d’état de 1997, il y a eu une dérive monopartite ; Sassou-N’Guesso et le Pct veulent faire croire qu’il n’y a qu’eux qui existent. Les autres n’ont pas droit à l’existence. On ne peut pas se réunir comme on veut mais, le Pct peut faire ce qu’il veut. L’accès aux médias d’Etat pose problèm ».
Le mandat 2021-2016 du candidat du Paradis sera fondamentalement un mandat transitionnel où il s’agira de réparer un certain nombre de choses.
« Il y a le problème du 4 mars 2012 où, selon Limbongo-Ngoka, nombreux n’étaient pas indemnisés. Toutes les destructions qu’il y a eu dans le Pool, est-ce que ça a été réparé ? A cela, s’ajoute les arriérés sociaux des retraités, des étudiants et restaurer les valeurs démocratiques», a précisé l’orateur.

Une fois élu, il restaurera des élections démocratiques crédibles sur la base des données démographiques fiables acceptées par tous selon les critères internationaux. Car le dernier recensement général de la population remonte à 2007. Ce qui donne libre cours à des électeurs fictifs.
« Aujourd’hui, le Likouala d’où je suis originaire, a le plus grand nombre d’électeurs en donnant l’impression comme si c’est le département le plus peuplé. Alors que le plus peuplé c’est la Bouenza selon les estimations de l’Institut national de la statistique. Cet Institut a fait une estimation sur la croissance démographique, la Bouenza est au-delà de 400 000 habitants et la Likouala fait 233 000. Comment voulez-vous comprendre que la Likouala ait plus d’électeurs que la Bouenza ? Vous voyez que ce sont des anomalies qu’il faille réparer », a-t-il déclaré.

Aussi, entend-t-il relancer le débat sur les reformes institutionnelles qui ont toujours été biaisées : « Nous avons des constitutions taillées sur mesure. Mais rien ne change ».
Pour sa victoire à cette présidentielles, il compte sur tous ceux qui ont voté pour Jean-Marie Michel Mokoko en 2016.
« Vous savez qu’un bien mal acquis ne profite pas. Le président de la République a voulu faire un hold-up électoral en 2016. Regardez son mandat. La Marche vers le développement n’a jamais démarré. Et il s’est arrêté carrément. Il y a eu la crise économique qui a perduré en 2016 et, enfin, la Covid-19 est venue amplifier la situation », a-t-il expliqué.
Et d’ajouter « nous allons évidemment travailler pour amener le peuple au changement ».

Pour la présidentielle de 2021, Limbongo-Ngoka craint que le régime en place recourt à la fraude et à la violence pour gagner. Deux pratiques qui, selon lui, sont devenues substantielles. C’est ainsi qu’il appelle le peuple à vaincre le cycle de la peur et à braver le danger à sa manière car sa force c’est le nombre. « S’il dit non. Je ne vois pas comment Sassou-N’Guesso va gérer alors que le peuple a dit non », a conclu Anatole Limbongo-Ngoka.

Notons que le Paradis a été créé en juin 2019. Seulement, n’a pas toujours son récépissé d’enregistrement au ministère de l’intérieur.

Achille Tchikabaka, correspondant Grandjournalcd.net à Brazzaville