Tribune : pourquoi devrait-on aujourd’hui se pencher vers le BITCOIN ?

Tribune : pourquoi devrait-on aujourd’hui se pencher vers le BITCOIN ?

6 juillet 2020 0 Par Grandjournalcd.net

Aujourd’hui, je vais continuer à partager avec vous sur le BITCOIN, une monnaie révolutionnaire à l’ère du numérique. Après avoir abordé le point sur la première raison pour laquelle une monnaie dure est indispensable, aujourd’hui, nous allons aborder les deux dernières raisons.

RAISON N°2 : La deuxième raison pour laquelle une monnaie dure est indispensable, c’est qu’elle fournit une unité de compte au système d’information que sont les prix.

Pour qu’une économie fonctionne, il faut pouvoir allouer efficacement les ressources aux différents acteurs économiques. Mais aucun organisme ne peut être capable de collecter toutes les informations de ces différents acteurs pour savoir qui a besoin de quelle ressource ? Dans quelle proportion ? Et qui prioriser ? C’est à ça que s’attèle le système des prix.

Les prix sont les simples reflets du cumul de l’offre et de la demande de différents produits en fonction de la rareté des ressources et le temps du travail utilisé pour les produire et du besoin relatif aux différents acteurs économiques.

Dans un système économique de marché libre, les prix contiennent toute l’information dont ont besoin les individus pour prendre leur décision économique. Je cite l’auteur : « La monnaie est un vecteur d’information et un système des mesures d’une économie et la monnaie dure est ce qui permet au commerce, à l’investissement et à l’entreprise de se développer sur des bases solides, alors qu’une monnaie facile plonge ce processus dans le chaos ».


Imaginez par exemple que le CHILI, le principal producteur de cuivre au monde connaisse une rupture à cause du Coronavirus. Les producteurs de cuivre du pays ne pourront plus en produire pendant un certain temps, ce qui fera naturellement baisser l’offre globale de cuivre et augmenter le prix. La demande va se réajuster en fonction du prix et les entreprises qui auront besoin du cuivre en priorité paieront plus cher et celles qui ne seront pas prêtes à payer à ce prix-là, trouveront une alternative. Elles innoveront ou elles se rabattront sur d’autres matières premières. La hausse du prix incitera en même temps d’autres producteurs autour du monde à augmenter leur production pour augmenter leur profit, ce qui permettra de compenser la baisse de l’offre.

Grâce au système de prix, l’économie mettra en équilibre les différents acteurs économiques qui auront plus à s’adapter à la situation en se fiant simplement au prix du cuivre.


Imaginez maintenant que la veille de la pandémie du Coronavirus, toute la gestion du stock et de la production de cuivre était retirée des marchés et placée sous les ordres d’une agence spécialisée. Comment cette agence aurait-t-elle réagi face à cet événement ? Comment, sans le système de prix, aurait-elle déterminé qui avait le plus besoin de cuivre ? Qui pouvait s’en passer et qui pouvait en produire davantage dans de bonnes proportions ?

Dans un système des prix qui reflète la rareté de différentes ressources et les besoins de différents acteurs économiques, l’économie ne peut plus fonctionner efficacement. Il y aura forcément des pénuries ou des surplus avec un gaspillage des ressources. C’est d’ailleurs ce mécanisme qui a provoqué la chute de l’URSS où la planification centralisée des prix par le gouvernement avait naturellement fini par ruiner les différents acteurs économiques. En effet, en l’absence des prix, il était incapable de déterminer qui avait besoin de quelles ressources naturelle et humaine pour produire tout ce qu’il fallait (train, voiture, infrastructures…) et les biens de consommation dont le pays avait besoin.

Aujourd’hui, nous avons un système qui ressemble de plus en plus à la situation décrite ci-haut. Nous sommes très loin des marchés libres. Non seulement la monnaie se déprécie à cause de la création monétaire, donc les prix ne reflètent pas la vraie valeur des choses dans le temps, en plus, le moyen par lequel cette monnaie est créée, c’est par la dette. Ce sont les banques qui décident à qui elles prêtent à un taux préférentiel et les Etats qui décident qui touchera des subventions massives ou qui le renfloueront avec l’argent du contribuable en cas de faillite.


Ce ne sont donc plus les entreprises les plus productives qui créent le plus de valeurs qui sont récompensées, mais celles qui arrivent à obtenir les faveurs des banques et des Etats, généralement, les grosses entreprises industrielles. Et comme le taux d’intérêt, le prix du capital est faussé, tous les prix qui dépendent de ce prix à la base sont également faussés, donc, littéralement, tous les prix de l’économie, parce que toutes les entreprises ont besoin des capitaux.

Un bon exemple pour illustrer les conséquences de ce problème des prix, c’est celui de la PAC en Europe (politique agricole commune) : plutôt que de payer les produits alimentaires au prix qui reflète la rareté des ressources utilisées et les coûts qu’ils ont engendrés pour ceux qui les ont produits, on paie un impôt qui part dans des subventions données arbitrairement au géant de l’industrie alimentaire dans l’UNION-EUROPEENNE. En plus de toucher des prêts au taux préférentiel de la part des banques, ce qui leur permet de baisser leur prix de vente en dessous de leurs frais réels de production en réalisant des profits et aux consommateurs de payer moins cher en magasin.


Mais ce que l’on économise en magasin, c’est simplement ce que l’on a payé en impôt et en réalité, on a rien gagné. On se retrouve juste avec des produits de qualité plus médiocre parce que ce n’est plus la qualité qui est récompensée. Et ceux qui empathissent le plus, ce sont les petits et les moyens producteurs qui ne bénéficient pas de ces aides et qui sont obligés de baisser leurs prix pour s’aligner sur des prix faussés déjà par les industriels à un niveau qui ne leur permet pas de payer leurs factures et qui les pousse à la faillite.


La plupart de déséquilibres économiques aujourd’hui, du chômage à l’inflation, naissent de ce problème de prix qui découle de l’intervention des banques centrales et des Etats sur les marchés des capitaux.


Pour citer l’auteur : « Beaucoup de gens pensent que les sociétés socialistes appartiennent au passé et que les économies capitalistes sont régies par le libre marché. En réalité, un système capitaliste ne peut fonctionner que dans le cadre d’un libre marché des capitaux où le prix du capital émerge de l’interaction de l’offre et de la demande et les décisions des capitalistes qui sont guidées par des signaux de prix adéquats.


L’interventionnisme de banques centrales sur les marchés des capitaux est à l’origine de toutes les récessions et de toutes les crises que les politiciens, les universitaires et les activistes de gauche mettent en général sur le compte du capitalisme. C’est la planification centrale de l’offre monétaire qui corrompt le mécanisme des prix du marché des capitaux, provoquent des perturbations dans l’économie ».

Suite à tous ces arguments, vous comprendrez pourquoi le BITCOIN, une monnaie virtuelle et dure vaut de l’or, surtout qu’elle n’est contrôlée ni par des Etats ni par des Banques. Elle reste pour ce faire, l’espoir d’une économie de marché véritablement libre.

RAISON N°3 : La troisième raison pour laquelle une monnaie dure est indispensable, pour qu’une société soit prospère, c’est qu’elle protège les individus de toutes formes de despotisme et de répression rendus possibles par la capacité d’un Etat à créer de la monnaie.


Depuis que les monnaies fudiciaires ont remplacé l’étalon-or, ce sont des Etats qui contrôlent la monnaie qu’ils peuvent utiliser sans réelle limite pour s’acheter de l’allégeance et de la popularité en dépensant sans compter, pour satisfaire les désirs du peuple sans avoir à lui présenter la note.


Cette capacité des Etats à créer de la monnaie leur donne un pouvoir quasi illimité qui transforme la monnaie d’un outil neutre qui rend simplement possibles les échanges entre les individus en un programme de fidélité au gouvernement.


Dans un système de monnaie dure, une entreprise est prospère quand elle apporte de la valeur à la société en produisant des biens et services dont les revenus sont supérieurs aux coûts encourus. Toutes les entreprises qui n’arrivent pas à remplir cette condition sont remplacées par les entreprises plus productrices, plus innovantes et qui répondent mieux aux besoins des consommateurs. C’est ce que l’on appelle la destruction créatrice.

Mais quand c’est l’Etat et les Banques qui déterminent qui doit survivre, qui doit disparaître et qui mérité des subventions ou des emprunts à taux préférentiels et qui, de l’autre côté subira cette concurrence déloyale, ce processus se grippe. Des entreprises non productives sont maintenues artificiellement en vie et cachent des ressources sans apporter de vraies valeurs à la société, sinon elles n’auraient pas besoin des subventions, les gens paieraient simplement le prix pour s’acheter leur produit, tandis que les autres entreprises qui jouent le jeu de la concurrence sont poussées à la faillite, car elles ne correspondent pas aux exigences de l’Etat, de l’Union Européenne ou des Banques.

Les entreprises qui sont récompensées ne sont plus celles qui servent au mieux les consommateurs en créant les produits de qualité, mais celles qui peuvent se payer du lobbying et s’acheter des faveurs des Etats.


Mais quand ces banques, ces fonds d’investissement et ces grosses entreprises industrielles font faillite, justement parce qu’elles ne sont plus confrontées au mécanisme de la concurrence du marché qui les forcerait à rester compétitives en gérant leurs finances de manière raisonnée, en évitant notamment de distribuer des parachutes dorés aux équipes dirigeantes au prix des dizaines de millions d’Euros alors qu’elles sont au bord de la faillite et surtout en trouvant des moyens de mieux servir les consommateurs, elles sont renflouées par des Etats et des banques centrales avec l’argent du contribuable. Tous les mécanismes qui poussent les acteurs économiques à créer de la valeur sont éliminés.
Une monnaie dure est une condition essentielle pour qu’une société prospère dans la durée. Sans elle, le chômage des masses se répand petit à petit et l’hyperinflation finit par réduire en néant les ressources de la nation.

Comme le dit l’auteur : « l’hyperinflation constitue un phénomène bien plus pernicieux que la seule perte de beaucoup de valeur économique pour un tas de gens. Elle constitue un effondrement de toute la structure de la production économique que la société aura mis des siècles voire des millénaires à créer. Quand les structures productives et commerciales que les sociétés ont développées pendant des siècles s’effondrent du fait de l’incapacité des consommateurs, producteurs et travailleurs à se payer les uns les autres, les biens que les humains prennent pour acquis disparaissent. Le capital est détruit pour financer la consommation. A mesure que la qualité de vie se dégrade, le peuple cède la place à la colère, on cherche le bouc-émissaire et les politiciens les plus démagogues et opportunistes tirent avantage de cette situation, attisant la colère populaire pour gagner le pouvoir ».


L’exemple le plus frappant d’un tel scénario est l’hyperinflation sous la République de WEIMAR dans les années 1920, qui, non seulement mena à la destruction de l’une des économies les plus avancées et les plus prospères, mais contribua ainsi à l’ascension d’Adolphe Hitler au pouvoir.

Maintenant, pour comprendre le rôle du BITCOIN dans tout ceci, il faut comprendre que jusqu’à présent, il existait deux modes de paiement : le paiement par ‘’Cash’’ (billet) et le paiement par intermédiation (cartes bancaires) qui requière l’intervention d’un tiers de confiance (chèques, cartes de crédit, transfert bancaire ou des services comme PayPal…).


L’un a l’avantage d’être immédiat et de ne pas nécessiter de faire confiance à un tiers et de devoir obtenir son accord, mais dont le principal inconvénient est que deux personnes doivent être physiquement présentes pour réaliser leur échange, ce qui est bien sûr difficile à l’ère du numérique où la plupart des paiements sont réalisés en ligne et à distance, et l’autre ayant les avantages et les inconvénients opposés.


On peut réaliser des paiements à distance mais qui ne sont généralement pas immédiats, pas anonymes et pour lesquels on est obligé de se soumettre aux exigences d’une tierce partie qui peut bien décider qu’on n’a pas le droit d’acheter ce que l’on a envie d’acheter et qui est soumise à la surveillance et aux interdictions des autorités publiques.

Avant l’intervention du BITCOIN, tous les paiements numériques étaient des paiements par intermédiation. On n’utilisait pas de monnaies numériques parce qu’on n’avait pas encore trouvé le moyen de créer la rareté numérique. Tout ce qui a été numérique pouvait être dupliqué. Il fallait donc passer par un tiers de confiance qui s’assure que chaque unité de monnaie fudiciaire présent sur les différents comptes bancaires comme l’Euros ou le Dollar ne sont dépensés qu’une fois comme s’il tenait un grand livre de compte, un tableau Excel qui enregistre tous les transferts de monnaie pour éviter la double dépense.

Le BITCOIN est la première monnaie qui permet de réaliser le paiement électronique sans avoir un recours à un tiers de confiance intermédiaire parce que c’est la première technologie qui a réussi à créer la rareté numérique.


Plutôt que de charger une banque de tenir le livre de compte de manière centralisée et anonyme, cette fonction est décentralisée. Elle ne repose sur aucune entreprise ni aucun organisme spécifique, ce que l’on appelle les ‘’mineurs’’, des millions de personnes tiennent chacun leurs propres livres de compte de toutes les transactions réalisées depuis la création du BITCOIN (฿) en 2009, et pour simplifier, ils sont récompensés de manière aléatoire si les transactions qu’ils ont inscrites sur ce grand livre qu’on appelle la BLOCKCHAIN sont correctes. C’est dire qu’elles correspondent à celles enregistrées par tous les autres membres du réseau. Ils sont récompensés en BITCOIN, c’est cela qui les incite à le faire. C’est seulement par ce biais que le BITCOIN sont créés jusqu’à ce que l’on arrive à 21 millions, après quoi aucun nouveau BTC ne sera créé et les mineurs sont simplement récompensés par les frais sur les transactions effectuées entre les différentes adresses BTC.


Cette technologie permet de garantir que la quantité de la monnaie en circulation reste stable à long terme et qu’aucun BITCOIN ne soit dépensé deux fois. Ce sont ces deux éléments qui garantissent sa rareté numérique et qui font que cette rareté est absolue, contrairement à toutes les formes de monnaies qu’on a connues jusqu’à ce jour.


Cette rareté numérique rigoureuse combine les meilleurs éléments des médias monétaires physiques comme l’or, sans aucun inconvénient pour les échanger et les transporter. C’est de l’or numérique, d’une certaine façon.
Une monnaie que les gens peuvent s’échanger librement et qui est fondamentalement dure, avec un Ratio Stock sur Flux tendant de plus en plus vers l’infini, parce que le Flux de nouvelles monnaies baisse graduellement pour tendre vers zéro et le Stock est limité à 21 millions alors que celui des monnaies fudiciaires tend vers zéro, car le Flux explose, notamment en ce moment avec des plans de sauvetage de plusieurs milliers des milliards d’Euros, des dollars et d’autres monnaies autour du monde.

Le Bitcoin est hautement cessible dans l’espace puisqu’il est numérique ; hautement cessible dans le temps, puisqu’on ne peut pas en accroître l’offre et qu’il n’est pas périssable, donc, il préserve sa valeur ; il est hautement cessible à l’échelle, puisque chaque Bitcoin peut être divisé en 100 millionièmes de BTC que l’on appelle des Satoshi.
Cette monnaie numérique place tous les macro-économistes, les politiciens, les présidents, les leaders révolutionnaires, les dictateurs militaires et les experts de la télévision hors du jeu de la politique monétaire en redonnant la liberté aux individus de disposer du fruit de leur travail comme ils l’entendent. C’est un logiciel indépendant de toute action individuelle, tout agenda politique et de toute manigance des groupes de pouvoir qui assure que personne ne puisse s’immiscer dans le processus indispensable de s’engager équitablement et librement dans cette démarche qui consiste à créer et à échanger de la valeur et qui est la condition essentielle qui permet à une société de prospérer, à ses citoyens de coopérer pacifiquement.


Mais quoi qu’il arrive dans la durée, la monnaie et le système monétaire qui s’imposeront, ne seront pas le fruit de débats académiques ou du bon vouloir des politiques ou des décrets gouvernementaux. Les individus se tourneront naturellement vers le médium monétaire qui leur permettra de préserver leur épargne et de commercer en totale liberté. Et comme à travers l’histoire, ceux qui le feront en dernier perdront toujours leurs économies au profit de ceux qui l’auront fait en premier.

Voilà l’essentiel au sujet du Bitcoin, comme monnaie révolutionnaire à l’ère du numérique.

Germain Joseph MUANZA : Auteur, coach et conférencier.