Tribune : Jeunesse et politique, ces deux ingrédients  qui manquent à l’essor du Congo

Tribune : Jeunesse et politique, ces deux ingrédients qui manquent à l’essor du Congo

3 juillet 2020 0 Par Grandjournalcd.net

Au Congo , la jeunesse (-40ans ) représente plus de 70% de la population nationale. Elle est donc l’unique masse capable de faire changer les choses dans ce pays . Mais hélas, on dirait qu’elle n’en est pas consciente, ou sciemment flouée ?. Tout est mis en place pour la distraire et elle s’y plaît apparemment . Les snack bars pullulent à tout coin de rue , les jeux de hasard de plus en plus répandus, les telenovelas récoltent de plus en plus d’abonnés. Résultat: la jeunesse a démissionné de la sphère politique : la politique c’est l’affaire des vieux, estime-t-elle en majorité.

La politique est la science de la cité. Pour mieux comprendre les différents mécanismes de la gestion de notre pays , nous devrions tous (sans exception) nous intéresser à elle avant que ce ne soit elle qui s’impose à nous. L’avenir on ne l’attend pas, on le prépare en agissant au présent.

Et ça pour le comprendre , on n’a pas besoin d’être licencié ou docteur en sciences politiques. On déplore la mégestion en toute impunité de la classe politique actuelle mais que saurons-nous faire demain si déjà aujourd’hui on reste attiré par les seuls buzz , nouveaux tubes , vêtements ou acteurs de cinéma au quotidien ?

Le désintéressement de la jeunesse à la politique, n’est-ce-pas un danger pour le Congo de demain qu’on veut tous meilleur que celui d’aujourd’hui ? Comment faire pour ramener des nouveaux Lumumba et Étienne Tshisekedi sur la scène politique avant qu’il ne s’agisse d’un vide à combler plutôt que d’un remplacement par mérite ?

Seraient-ce l’hermétisme constitutionnel et lexical à la base de cette démotivation de la jeunesse congolaise ?

Ceci n’est pas un appel à la profession générale

Malgré leurs qualifications, les jeunes sont très peu nombreux dans les postes de décision en RDC. La moyenne d’âge gouvernementale est déjà de 50 ans pendant que la jeunesse compte plus de 70% de la République.

Notre constat n’est pas un appel à l’unicité de profession pour tous les jeunes. On peut être politique et entrepreneur, avocat , agriculteur, chef d’entreprise… question de servir son pays et d’influencer les décisions qui nous concernent tous. Si tu ne t’occupes pas de la politique, la politique s’occupera de toi , dit-on.

L’hermétisme Lexical serait-il à la base du désintéressement de la jeunesse congolaise ?

Le monde politique est par essence un domaine des nobles, des experts,des rodés… Bref , une caste fermée. N’y excelle pas qui veut. Il est surtout difficile pour les parvenus de se hisser plus haut. Félix Tshisekedi est le fils d’un ancien premier ministre et opposant historique de ce pays, Joseph Kabila fils d’un ancien président de la République et pas le moindre.

Bref , le monde politique requiert un nombre important de ressources culturelles, intellectuelles, humaines,sociales et financières pour réussir. Du coup, ceux qui proviennent des familles fortunées, connues ou habituées des rouages politiques partent avantagés dans la course à la conquête du pouvoir. Ceci n’est que la pure vérité de manière générale. Mais….

Par dessus toutes ces considérations, chaque jeune devrait garder un œil sur la politique du pays, c’est une pression suffisante pour contraindre ceux qui ont tendance à s’enivrer du pouvoir à revenir chaque fois à l’essentiel, le bien de tous. Que vous soyez médecin, ingénieur , agriculteur… Nous sommes tous appelés à garder un œil sur la gestion de nos ressources, en décidant nous-mêmes qui a l’aptitude de nous guider pour notre bien-être et pour le bien-être des générations futures.


En gardant un oeil constamment sur la gestion de notre patrimoine commun, chacun devrait en même temps mobiliser et informer autour de lui. Nous contribuons à notre manière à la marche en avant de la RDC. C’est comme ça que nous limiterons les dégâts de gestion calamiteuse de la vielle classe politique qui ne nous aide plus.

Marleine Beya, coach.