Une affiche qui reprend à la fois cinq différentes figures, symboles de toute une histoire, des regrets et des nostalgies… Des figures qui représentent l’histoire politique de la République Démocratique du Congo qui , dans 48 heures aura totalisé soixante ans depuis son indépendance, le 30 juin 1960.

Soixante ans après, qu’avons-nous fait du Congo, de ce pays que nous avons, au prix du sang, réclamé aux Belges ?. Soixante ans après, que penses le petit peuple de ses différents dirigeants qui se sont succédés au panthéon ? Si à l’époque coloniale, un congolais lamda gagnait environ 3 USD, celui des régimes successifs de Joseph Kabila et Tshisekedi n’a que difficilement 1 USD à se mettre en poche. Soixante ans après, qu’a-t-on fait de ce Congo que nous avons réclamé aux belges ?

Le 31 décembre 2018, à l’issue d’un processus électoral hypertendu et contestable, la majorité des congolais, exaspérée par la mégestion, l’impunité et surtout les vertigineux détournements du régime de Joseph Kabila, ont vu en Félix Tshisekedi, le moindre mal si pas le « sauveur ».

Fils du très intransigeant opposant Étienne Tshisekedi, les congolais nostalgique du Sphinx, beaucoup se sont dits : « ça y est, des nouvelles choses vont commencer. » Eh bien ils n’ont pas eu tort de rêver, seulement l’accomplissement de leur rêve pourrait ne pas être si proche qu’ils l’auront souhaité.

L’histoire nous répète que Kasavubu, l’intègre a été à la diplomatie pour négocier notre indépendance, Joseph Mobutu a réunifié ce pays-continent et ses différents peuples, Laurent Désiré Kabila a brisé sa dictature et ouvert le chemin vers la démocratie, ce modèle de gestion de société que viendra tant bien que mal concrétiser son fils, l’aîné de la fratrie, Joseph Kabila Kabange, partenaire de l’alternance, la première du pays, en passant le flambeau à Félix Tshisekedi au grand désarroi de leurs poulains respectifs qui, chaque fois qu’ils en ont l’occasion, ne manque de s’en prendre à la stabilité du pays.

Entre temps, le congolais lambda attend toujours. Il n’a pas toujours son compte, son panier de ménage s’appauvrit au quotidien, son portefeuille est vide si non quelque grain de sable… Le pays est agressé de tout bord et le congolais perd chaque jour espoir. Soixante ans après, qu’avons-nous fait de ce Congo que nous avons réclamé aux belges ?

Moïse Dix