En mémoire à cette date, une cérémonie a été organisée ce 18 juin 2020 au Square de Gaulle, à Brazzaville. Cette commémoration par l’ambassade de France au Congo, avait pour objectif de rappeler le contenu de cet appel et l’espoir suscité par le général de Gaulle lors de l’invasion de la France par les forces armées allemandes pendant la seconde guerre mondiale.


L’appel du 18 juin est le premier discours prononcé par le général De gaulle à la radio de Londres, sur les ondes de la BBC, le 18 juin 1940. Ce texte est un appel à tous les militaires, ingénieurs ou ouvriers français spécialistes de l’armement qui se trouvent en territoire britannique à se mettre en rapport avec lui pour continuer le combat contre l’Allemagne et où il prédit la généralisation de la seconde guerre mondiale.


« Les chefs qui, depuis de nombreuses années sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cessez le combat. Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique terrestre et aérienne de l’ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, les tactiques des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La d&faite est-elle définitive ? Non ! », a rappelé le capitaine de Frégate Aubry Gilles, lisant cet appel.


A cette époque, le général De Gaulle avait appelé les Français de croire en lui et de ne pas avoir peur mais de garder espoir car « rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limite l’immense industrie des Etats-Unis ».


Dans le même appel, le général De Gaulle déclarait que, face à l’envahissement de l’Allemagne, que cette guerre n’était pas limitée au territoire malheureux de la France. Et qu’elle était une guerre mondiale. Aussi, souligne-t-il, toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a dans l’univers tous les moyens nécessaires pour écraser leurs ennemis.

Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par la force mécanique supérieur. Le destin du monde est là.
« Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français, qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas », peut-on apprendre de cet appel.


Dans ces temps incertains, difficiles et agités, les territoires du Tchad, du Cameroun, du moyen Congo et de l’Oubangui-Chari vont se rallier à la France dès août 1940. Ces ralliement firent entrer l’Afrique équatoriale française dans la guerre. Devenue le sanctuaire de la France Libre, l’AEF sera alors la matrice de son effort de guerre et de la conquête.


C’est à Brazzaville que sera reconnue la valeur des gens de l’Afrique française Libre et, en particulier, de ses combattants, lorsque le 14 juillet 1941, le général de Gaulle y décora de l’Ordre de la Libération le caporal Dominique Kosseyo, tirailleur oubanguien du premier Bataillon de marche, aux côtés du gouverneur Félix Eboué, du général de Larminat et du médecin-général Sicé.


Brazzaville, capitale de la France Libre avait également servi de refuge à l’honneur de la France et de son indépendance. C’était l’occasion, lors de cette commémoration de l’appel du 18 juin, pour la France de dire ce qu’elle doit à l’Afrique.


Le clou de cette commémoration était le dépôt de gerbes de fleurs par François Barateau, ambassadeur de France au Congo, le général de division Charles Richard Mondjo, ministre de la défense nationale, Dieudonné Bantsimba, maire centrale, et Michel Fouébolo, de l’office des anciens combattants au Congo.


Notons qu’à cette cérémonie, il y avait également d’autres personnalités à savoir l’ambassadrice de la RCA au Congo, doyenne du corps diplomatique, Charlotte Fayanga, le général de division Guy Blanchar Okoy, chef d’état major et le colonel Ignoumba le Dgascom, patron de la coopération militaire au Congo Brazzaville.

Achille Tchikabaka, Correspondant GRANDJOURNALCD.NET à Brazzaville