RDC : Constructions des nouvelles aérogares, José Makila exige une commission d’enquête, l’Ambassade Chinoise recadre l’ACAJ

RDC : Constructions des nouvelles aérogares, José Makila exige une commission d’enquête, l’Ambassade Chinoise recadre l’ACAJ

8 juin 2020 0 Par Grandjournalcd.net

L’ancien vice-premier Ministre et ministre des transports, actuellement Sénateur, José Makila Sumanda vient de proposer au bureau du Sénat, la mise en place d’une commission d’enquête sur l’évolution des travaux des constructions des nouvelles aérogares de Kinshasa et Lubumbashi, qui devraient normalement prendre fin en 2021. Mais jusqu’à présent, les travaux avancent à pas de tortues.

Cet appelle fait suite à la non satisfaction de José Makila Sumanda, lors du passage de Didier Mazengu , Ministre des Transports et Voies de Communication, le mardi 26 Mai à la Chambre dite des « Sages », où il avait affirmé l’avancement à pas des géants des travaux qui seraient stoppés par la Covid-19, avant de révéler aux sénateurs d’avoir mis en place « un comité de pilotage composé des experts du Ministère des Infrastructures, des Travaux Publics et Reconstructions; du Ministère des Finances; de l’Autorité de l’Aviation Civile; de la Régie des Voies Aériennes ; et de son cabinet » pour veiller à son achèvement.

Selon José Makila, la commission d’enquête devra examiner « l’évolution des travaux, l’utilisation des 20 millions de dollars payés par l’État, l’utilisation des 85% de l’argent versé par Eximbank de Chine « .

« Il existe beaucoup de zones d’ombres à élucider » insiste t-il.

Bras de fer, l’ACAJ révèle, la Chine dément

Par un communiqué rendu public, l’ACAJ invitait le Procureur Général à mener une enquête sur les détournements des fonds alloués à ces travaux en affirmant qu’il avait eu des discussions avec la Chine. « Plusieurs sources officielles contactées par l’ACAJ dont celles de la RVA contestent cette dette, qui ressemblerait à un détournement des deniers publics. Lesdites sources expliquent qu’en dehors de la cérémonie de lancement officiel des travaux, présidée par l’ancien Président de la République, rien d’autres n’a été réalisé qui pourrait justifier pareille dette, ni la mise en gage des recettes de go-pass pour garantir son remboursement  » révélait l’ACAJ.

Bien plus, l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice, ACAJ, appelait le gouvernement de la République, à  » préciser la dette liquide, certaine et exigible que la RDC doit à EXIM-Bank of china, de communiquer aux contribuables congolais le montant déjà remboursé dans le cadre de la dette qui reste contestée et de mettre des moyens financiers nécessaires à la disposition de la Commission vautour pour qu’elle reprenne des négociations avec EXIM-Bank dans l’intérêt de l’Etat congolais « .

D’après l’ACAJ, qui l’aurait appris du Ministère de la Justice et Gardes Sceaux, que « l’Etat congolais a été condamné par défaut sans être représenté par un avocat le 23/01/2017, par un Tribunal de New-York aux Etats-Unis, à payer à Exim-Bank la somme de 57.325.223,40 $ résultant d’un prêt avec intérêt de 4,5% de 21 millions $, lui accordé et versé sur le compte de la Banque Centrale du Congo n° 10923079 le 30/08/1991, en exécution de l’accord de prêt n° 602028100 du 29/08/1991 et pour un terme de 20 ans « . Et de renchérir, qu’  » EXIM-Bank était allée en justice, car l’Etat Congolais n’avait pas remboursé, ni renégocié sérieusement sa dette plus de vingt (20) ans après « .

Suite à ces déclarations, la Chine par l’entremise de son ambassade martèle « qu’Eximbank n’a jamais exigé le remboursement d’un quelconque prêt ».

L’Ambassade de Chine dit regretter que pareille information ait été publiée alors qu’elle n’a jamais été contactée ni par l’ACAJ ni par la presse congolaise sur le sujet. « Aucun diplomate chinois n’a fait des commentaires. Nous avons constaté dans un communiqué de presse publié par l’ACAJ des informations contraires à la réalité » regrette l’ambassade de Chine en RDC.

« Eximbank Chine, depuis sa création en 1994, n’a jamais porté plainte auprès des institutions juridiques contre le gouvernement de la RDC. La construction de la nouvelle aérogare à l’aéroport Ndjili sera financée par un crédit préférentiel accordé par Eximbank Chine, et qui va se rembourser sur une période de 20 ans. L’accord de prêt n’est pas encore entré en vigueur et attend d’être validé par le gouvernement congolais » précise l’ambassade.

Les membres de cette commission d’enquête devront également voir l’exécution des 2 contrats de 2013 et 2018, les raisons de non réalisation de sa part et la problématique des avances par contrat. Mais également, prendre langue avec le Ministère des Finances et l’ambassade de Chine.

Il sied de noter, que depuis la pose de la première pierre le 02 Mai 2018 à Kinshasa par le Président Honoraire Joseph Kabila, des indiscrétions suscitent de partout sur un avéré non début des travaux des ces nouvelles aérogares de l’aéroport internationale de N’djili à Kinshasa, ainsi que de l’aéroport de la Luano à Lubumbashi.

Dan de Dieu KAYANDA