RDC/Économie : de la dépréciation du Franc Congolais face aux devises étrangères, Comment y remédier?

RDC/Économie : de la dépréciation du Franc Congolais face aux devises étrangères, Comment y remédier?

2 juin 2020 0 Par Grandjournalcd.net

Le Franc Congolais, unité officielle de la République Démocratique du Congo qui a un pouvoir libératoire sur tout le territoire national se déprécie du jour au lendemain dans toute l’étendue du territoire national face aux devises étrangères, alors que la Constitution de la République dans son article 76 instruit la Banque Centrale du Congo, BCC, « à la sauvegarde ainsi que la stabilité monétaire » . Que devons nous faire pour fléchir cette inflation face à ce fléau ?

Depuis le début de cette semaine, le taux de change se négocie à 1 900CDF ( mille neuf cent Franc congolais), et plus particulièrement dans certains coins de la capitale à 1 950 CDF ( mille neuf cent-cinq Franc congolais), et bientôt 2 000CDF( deux mille francs congolais ) pour 1 dollars américains si des bonnes discussions ne sont pas au bon fixe dans la tripartite, Banque Centrale du Congo, opérateurs économiques, et gouvernement.

Cette situation d’inflation non digérée par la population en cette période de crise sanitaire liée à la riposte de la pandémie à Covid-19 fait suite au ralentissement du secteur économique à travers le pays.

Une baisse de la diversification de l’activité économique congolaise qui est secouée par les effets néfastes liés à la pandémie de la Covid-19 est plus particulièrement basée sur la chute des prix de l’industrie extractive. Une situation qui entraîne la hausse vertigineuse de prix des denrées alimentaires et autres produits et services.

De mémoire, en 2016, jadis, 1 dollars revenait à 920 CDF, et en juillet 2017, la dépréciation du Franc Congolais avait atteint le pic de 1 720 Franc Congolais pour 1 dollar américain. En réaction suite à cet sujet, la Banque Centrale du Congo avait vendu dès le début du mois d’août, plus 15 Millions de dollars américains aux banques commerciales en vue de contribuer au maintien de la dépréciation de la monnaie nationale sur le marché de change, faisant baissé le change à 1500 Franc.

En effet, la dépréciation de la monnaie locale constitue l’un de pire résultat de la technique d’intervention de la Banque Centrale du Congo (BCC), plus précisément, de la baisse du taux directeur adopté par la BCC en 2012, par le quel un acte d’engagement avait été signé en vue de maintenir un taux bas et un niveau d’inflation inférieur à 2 % sur le moyen terme. Malheureusement, cette politique monétaire restrictive n’a pas encore accru le potentiel productif de l’économie. Et bien plus, le taux directeur n’a pu être modifié dans son entièreté et reçoit actuellement quelques modifications suivant le principe de la positivité de sa marge par rapport à l’inflation. En principe, une baisse du taux directeur rend moins cher le coût du crédit dans l’économie, ce qui soutient l’investissement, l’activité des entreprises donc la croissance.

Pour faire fasse à cette impasse, la BCC doit à tout prix concevoir un plan de stabilité monétaire pour rechercher à long et à cours terme une augmentation de l’anticipation.

A ce questionnement, le Gouvernement Central devra mettre en place une manœuvre budgétaire lui permettant ainsi de recourir davantage aux revenus du seigneuriage et d’atténuer l’effet de l’effondrement des recettes fiscales des exportations des produits de base.

Bien plus, la BCC devra pérenniser sa crédibilité aux répondants aux besoins pressant de la stabilité monétaire.
Durant cette période particulière de dominance budgétaire, la BCC se devrait pour le moment, d’estimer le seuil d’inflation optimale de l’économie congolaise afin de lutter efficacement contre l’inflation.

A notre avis, le gouvernement est raisonnablement en position de « dominance budgétaire » en ce sens que la BCC n’a pas d’autre choix que de s’ajuster au comportement de l’autorité budgétaire afin de satisfaire la contrainte budgétaire de cette dernière.

Comme le démontre en 1987 la théorie du seigneuriage optimal de Mankiw, le Gouvernement peut financer le déficit public par la création monétaire sans que cela cause du tort aux services économiques.

Pour remédier la zone économique, le gouvernement central dans son action budgétaire devrait aussi orienter ses actions dans la promotion de quelques secteurs non pérennisés dont l’agriculture, l’élevage, et la pêche.

Dan de Dieu KAYANDA