RDC-Procès 100 Jours : le non-dit de Vital Kamerhe, « Je refuse de tomber seul »

RDC-Procès 100 Jours : le non-dit de Vital Kamerhe, « Je refuse de tomber seul »

11 mai 2020 0 Par Grandjournalcd.net

Comparaissant ce lundi 11 Mai en audience publique Vital Kamerhe qui répondait aux questions du président de la composition, s’est voulu poser une base selon laquelle dans le cadre du programme de 100 jours, « il ne faisait pas cavalier seul, mais en groupe. »

« J’agissais au nom du chef de l’État et en qualité de Directeur de Cabinet du président de la République. Nous étions 9 à superviser ce programme sous la coordination de Nicholas Kazadi ambassadeur itinérant du chef de l’État » a-t-il précisé.

Par cette précision, le prévenu a-t-il voulu mettre en exergue le fait que sa casquette de directeur de cabinet n’était pas en droit de véto dans la prise de décisions ? L’allier de Félix Tshisekedi se veut-il faire comprendre à l’opinion publique que toutes les décisions prises dans le cadre de ce programme n’étaient pas secrètes ni imposées, mais bien le fruit d’un groupe qui décidait ensemble, puisque tous superviseurs, et que donc le dernier mot revenait au cordonnateur cité ?

Le patron de l’UNC a lors de cette première audience publique martelé également sur le fait que ce vaste programme devenu polémique, n’était pas le sien, mais bien celui de Félix Tshisekedi dont il a eu, a l’en croire, l’exécution des ordres au nom du président de la République.

Aussi, Kamerhe s’est refusé se lancer dans ce qu’il a qualifié de « pièges et des questions tendancieuses » alors qu’il lui était demandé de préciser sa fonction et son rôle dans ce programme.

« On choisit ce qui va créer la confusion, personne ne parle par exemple de la gratuité de l’enseignement primaire », s’est-il exprimé avec assurance.

Vital Kamerhe : Trou de mémoire, mensonges ou vérité ?

Autre fait marquant, c’est cette ignorance manifestée de Vital Kamerhe s’agissant de ses deux co-détenus. Ce dernier à semblé ne pas les connaître. « Le connaitre? Le connaitre à quel titre? J’ai rencontré beaucoup de gens dans ma vie », s’agissant du Libanais Samih Jammal.

Pour rappel, l’homme d’affaires Libanais avait obtenu deux contrats pour un montant de plus de « 114 millions de dollars » pour deux de ses sociétés, Samibo et Husmal, signé de gré à gré avec la présidence congolaise qu’il aurait conclu avec Vital Kamerhe. Il s’agissait de construire 4.500 maisons en préfabriqué dans cinq provinces du pays pour la population civile, mais aussi pour les militaires et les policiers dont 57.600.000$ » pour la construction de 1500 logements sociaux dans le cadre du programme d’urgence de 100 jours du chef de l’Etat dans son volet Habitat.

Par contre au sujet de l’autre co-accusé Jeannot Muhima, Vital Kamerhe à tout de même fait montre d’une certaine connaissance de sa personne, mais limitée à son identité sans l’avoir toute fois rencontré. « Muhima, je le connais de nom. C’est aujourd’hui que je l’ai rencontré . » Pourtant le prévenu Muhima a bien confirmé que son patron direct était bel et bien le Directeur de Cabinet en procès, Vital Kamerhe.

Jeannot Muhima Ndoole, chargé du service import-export de la présidence, à qui de l’argent a été remis pour le dédouanement de ces maisons, a affirmé s’être rendu à Dar-es-Salam pour le dédouanement de la marchandise.

Le « faiseur de rois » de 61 ans et père de 14 enfants, s’inscrit-il dans la lignée de  » Je refuse de tomber seul ? ». Vital Kamerhe est-il prêt à citer et démontrer que toutes les décisions prises n’étaient pas secrètes et bien connues du groupe des superviseurs sous la coordination de Nicolas Kazadi ?

La prochaine audience est fixée au 25 Mai pour la poursuite de l’instruction. Entre temps, la demande de remise en liberté des avocats de VK et de Sammi Jammal sera connue dans 48h.

Steeve Mbuyi