RDC-sénat : réhabilitation salle des plénières au sénat, « le document le plus determinant est le cahier des charges techniques et non une simple pro-format » (tribune)

RDC-sénat : réhabilitation salle des plénières au sénat, « le document le plus determinant est le cahier des charges techniques et non une simple pro-format » (tribune)

9 mai 2020 0 Par Grandjournalcd.net

« Pour quiconque a le sens de la république, la pertinente, essentielle et publique question soulevée par la sénatrice reste entière et ne mérite nullement d’être enterrée par suite des convenances personnelles de deux personnalités », fait savoir Daniel Makila ,manager des travaux publics qui explique la nécessité pour la République de survivre aux caprices des individualités. Il le dit dans cette tribune lui accordée par GrandJournalcd.net

Il nous revient de sources proches du Sénat que les travaux de réaménagement de l’hémicycle du Sénat ont coûté la bagatelle somme de 3 millions 400 mille dollars. Je me demande sur base de quel dossier technique ce coût a-t-il été chiffré et agréé ? C’est en cela que le contribuable congolais ne peut se contenter des excuses individuelles entre les deux personnalités qui n’ont eu pour effet que de clore l’incident d’humeur et non réduire en pertes et profits les intérêts de la république.

Je persiste et signe à constater que sur la liste des documents soumis à la procédure d’agrément du marché de ces travaux auprès de la DGCMP, je n’y ai pas trouvé le cahier de clauses techniques générales, ainsi que celui des clauses techniques particulières. En RDC, nous sommes appelés à nous imprégner de la culture de l’orthodoxie des marchés et travaux publics. Mais aussi du devoir de redevabilité.

Le mal reste le mal, même si l’auteur est de notre bord politique. La république doit survivre au delà des caprices des individus.
Sous d’autres cieux, à la publication de la lettre du président du Sénat en réponse à celle de la sénatrice Bijou Ngoya Kitenge, le président du Sénat, la cellule des marchés de la chambre haute, ainsi que les fonctionnaires de la DGCMP feraient immédiatement l’objet d’ouverture d’une enquête de l’inspection Générale d’État (IGE). Cette institution de l’ordre administratif supérieur manque cruellement à notre État, alors qu’elle est opérationnelle partout ailleurs. Ce qui explique la légèreté et les abus en matière de passation de marchés publics, digne d’une république bananière.

En effet, en matière des travaux publics, le document le plus determinant qui décrit la nature, la consistance, les détails et la qualité des travaux à entreprendre, c’est le cahier des charges techniques et non une simple pro-forma, telle que renseignée dans la lettre du président du Sénat. Et le contrôle de la DGCMP commence par là. Qu’est ce que la DGCMP a contrôlé si les documents techniques n’ont pas été joints?


Le dossier technique d’un appel d’offre doit comprendre entre autre, le cahier de clauses techniques générales et le cahier de clauses techniques particulières. Le coût des travaux, s’appuyant sur les plans, le borderau des prix unitaire et quantitatif est fonction de la description exhaustive et technique de l’ouvrage. Car, il ne s’agit pas que des fournitures, mais surtout des prestations de mise en oeuvre.
Donc, les prix étant composés, l’analyse de l’offre financière doit se baser sur les détails techniques du marché décrits dans le cahier de charges.

En plus, le mode de passation de marché de gré à gré n’exonère pas de conformer les prix aux réalités et à la compétitivité économiques du marché, même en cas de préfinancement. Le rapport quantité-qualité-prix doit être de rigueur.
Si ce dossier technique a fait défaut, toutes les autorisations reçues dans ces conditions par la Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics (DGCMP) sont pour moi des simples chiffons.

Daniel MAKILA, Senior Manager de sociétés de Droit OHADA, Manager de Travaux Publics. makiladaniel57@gmail.com / 00243824092538