RDC : Daniel Makila fustige la complaisance de la DGCMP dans la generalisation des marchés de gré à gré (Tribune)

RDC : Daniel Makila fustige la complaisance de la DGCMP dans la generalisation des marchés de gré à gré (Tribune)

2 mai 2020 0 Par Grandjournalcd.net

La Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics « DGCMP » est un organe public doté d’une autonomie administrative et financière évoluant au sein du Ministère du Budget. Logiquement, il ne serait pas à sa place d’organe de contrôle, sensé être autonome, alors que dans sa situation actuelle la DGCMP se presente comme juge et partie. D’ou, les abus que nous dénonçons ci-dessous.


Au terme du décret N°10/27 du 28/06/2010 qui la crée, la DGCMP a pour missions de contrôler à tous égards, de manière transversale et horizontale, la procédure de passation des marchés publics, entre autres:

  • En veillant à la mise en concurrence des candidats potentiels, conformément aux procédures prévues par la loi ;
  • En s’assurant que les dossiers d’appels d’offres concernés sont budgétisés;
  • En émettant en amont un avis motivé de non objection sur l’analyse des projets de marchés publics;

– En émettant un avis motivé de non objection sur l’analyse technique et financière des offres des candidats, en concurrence, en consultation restreinte ou en mode gré à gré ;

  • En accordant à l’autorité contractante, dans les conditions prévues par la loi, une autorisation spéciale pour recourir à la procédure de gré à gré.
    Etc…..

Or malheureusement, en laissant se généraliser la procédure, pourtant exceptionnelle de gré à gré, en fermant les yeux sur des offres économiquement prohibitives, en se refusant de contrôler en aval l’exécution des marches publics, la DGCMP s’affiche aujourd’hui comme un véritable passoire complaisant et intéressé des opérations des délits d’initié, de conflits d’intérêts, d’enrichissement illicite, etc… au préjudice du trésor public.

Aussi, de la même manière qu’il est engagé une opération main propre dans le chef des gestionnaires publics, il est inadmissible que cet important organe de contrôle en amont des dépenses de l’État continue d’evoluer dans la maffia digne de la Camora italienne.

Daniel MAKILA K., Senior Manager de sociétés de Droit OHADA., Manager de Grands Travaux Publics