24 avril 1990 : une date pas comme toutes les autres pour la Nation Congolaise ( tribune)

24 avril 1990 : une date pas comme toutes les autres pour la Nation Congolaise ( tribune)

24 avril 2020 0 Par Grandjournalcd.net

24 avril 1990 – 24 avril 2020, 30 ans le léopard du Zaïre frémissait la tristement célèbre phrase : « comprennes mon émotion ». Il est indéniable que le 24 Avril 1990 a marqué un tournant décisif à l’histoire de notre pays. Surtout pour ce qui est de la démocratisation et du multipartisme qui, au sens de Thierry Maweja, a défini la configuration politique que nous connaissons ce jour. Il le dit dans cette tribune lui accordée par GrandJournalCd.net.

En effet, je me rappelle qu’à la fin du discours du maréchal, mon grand père Aubert Mukendi Kizito Ntite, m’apprenait presqu’instanément à nouer, de trois manières différentes, une cravate et je l’ai porté sur moi pour la première fois de ma jeune vie à l’époque.
Ceci pour illustrer que comparativement à l’accession du Congo à l’indépendance, notre pays venait de franchir un cap décisif de son histoire.

Cependant, comme pour l indépendance, le phénomène de la »génération spontanée » frappait encore, et le multipartisme sous impulsion de la fameuse « Démocratisation » ce nouveau langage qui a secoué l’Afrique subsaharienne de cette époque, a été mal interprété de tous bords que ce soit du dictateur que de l’opprimé…

De cette grosse incompréhension est née le mercantilisme politique auquel nous avons assisté : les partis politiques sont crées sur base de fratrie, de clans et autres , la géopolitique s installe mieux se conforte dans sa position, les idéaux politiques disparaissent au profit du positionnement. Très vite les trahisons déferlent et la « Démocratisation » devient la « Démon-cratisation »
Il fallait donc créer les pôles des opposants politiques afin d’instaurer une nouvelle règle de jeu dans la gestion du Congo à l époque Zaïre. Le mythique UDPS prend forme et se consolide ne alter ego opposant au pouvoir. Rôle joué jusqu’à la dernière heure avant « l’alternance pacifique ».

Comme tout nouveau système, il y a des ratés, des manquements et même des échecs, cependant je ne resterai pas insensible à cette date qui marque sans nul doute le point de départ de la configuration politique que nous connaissons à ce jour.

Pour ce qui est de la question sur le bilan à déduire de ce déclanchement de la « Démocratie » mon avis reste mitigé entre « chaos systémique » et « Lueurs d’espoir  » .

Chaos systémique parce que la « Démocratie » est un système politique qui marche pour un pays qui est une NATION, une PATRIE, où le peuple se reconnaît une histoire commune une identité commune un territoire commun un patrimoine commun… Malheureusement, je l’ai signifié ci haut, la colonisation comme la dictature qui sont des systèmes politiques d’imposition (voire oppression) ont l’avantage de soumettre les populations hétérogènes à des lois et des us qui ne lui sont nullement intrinsèques.

Conséquemment, nous continuons à nous comporter comme des rebelles en quête de révolution, nous confondons la démagogie à la critique positive, les débats de bas étage versant dans la logorrhée remplacent les confrontations idéologiques et donc le multipartisme n’a pas de sens ici parce que incompris.

Les partis politiques nés des années 90 portaient des dénominations communes ou similaires ayant trait à Démocratie, à République, à Révolution, à Social… Très peu de doctrine dans cela, plus de slogan que d’idéologie.

Actuellement c’est Emergence, Progrès, Génération, Citoyen et autres… Parce qu ‘en réalité le discours de la  » Démocratie » ne se vend plus.
« Lueurs d’espoir » car nous avons tout de même des esprits avertis, qui observent et apprennent de ces péripéties…

Aujourd’hui, je me rappelle d’une réaction du Rais, lorsqu’on lui parle d’un nième parti politique qui voyait le jour dans la MP. « Encore une caisse de résonnance !, S’exclama-t-il. » Pour dire quoi qui n’est pas déjà dit? Ne fallait il pas créer une entreprise à la place?! Interrogeait il?!

Ceci pour exprimer une profonde matière à réflexion sur le système politique qui convient le mieux à notre pays.

C est alors que le véritable enjeu se révèle être de créer la NATION, la PATRIE pour que le système politique choisi depuis aujourd’hui 30ans révolus, s’implemente concrètement.
Le processus est en cours.
Gardons le Cap

Thierry MAWEJA M.